These were days when my heart was volcanic

As the scoriac rivers that roll—
As the lavas that restlessly roll

Mon adolescence avait poussé comme une graine mauvaise. J’avais échoué dans ce lycée aux murs blancs pour y suivre le petit aspic qui dévorait ma vie de l’intérieur. Les journées s’égrenaient sans fin sur le chapelet du temps, et je lisais trop de livres pour ne pas m’enfoncer davantage dans l’herbe molle de l’errance. Un feu pâteux infiltrait mes entrailles, une coulée sourde, dense, qui jaillissait de la crainte du vide. Un soir, une rengaine, écrite par un poète – murmurée par un chanteur –, s’imprima dans mon esprit :

The skies they were ashen and sober ; / The leaves they were crisped and sere — / The leaves they were withering and sere ; / It was night in the lonesome October […]

J’avais si soif de poésie que je crus sentir un souffle traverser mes lèvres. Peu importe si c’était celui de l’un ou de l’autre de ces hommes – à part leur chaleur, tout m’était indifférent.

Je peins une allée de cyprès et je repense à ces vers : Of cypress, I roamed with my Soul — / Of cypress, with Psyche, my Soul. Qui était Psyché ? Que me voulait-elle ? Ai-je, un jour, vraiment cru à cette fable ?  Marchais-je alors tellement à côté de mon âme pour penser que ces vers purifiaient tout le sens du poème ?

La Muse était morte – aurait-elle pu l’être autrement ? Si j’ai été muse un jour, ce fut toujours par le côté de mon corps qui était mort – c’est-à-dire faux.

Plus la chanson se déroulait, plus ma pensée circulait. J’étais tantôt la chair, tantôt l’âme, tantôt la Muse morte. La Muse était à la fois la morte et Psyché, le souvenir et le présent, le mausolée et l’impalpable, ravi bientôt par le corps.

Il faut que la Muse se disloque. Quand je serai muse, je serai diffractée. Un peu comme cette Salomé apparue un soir devant les yeux d’un autre poète, dansant pour réclamer la tête d’une autre danseuse – d’une autre muse ?–, à moins que ce ne fût la sienne propre.

And by the telly appears Salome…
…I stand before her amazed
As she dances and demands
The head of Isidora Duncan on a plate

 

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