Note sur la réception de la poésie russe de l’Âge d’argent

« Âge d’argent » est l’expression par laquelle l’histoire littéraire russe appelle la floraison poétique des années 1890 jusqu’au-milieu des années 1920. L’expression se fait par rapport à l’âge d’or qu’avait été la période de Pouchkine et de son cercle ; elle a été popularisée par un vers d’Anna Akhmatova, dans son « Poème sans héros ». La lecture du livre Nécropole de Vladislav Khodassevitch est assez déroutante. Je doute que grand-monde, en tout cas parmi les moins de quarante ans en France, y compris parmi les amateurs de poésie russe, ne connaisse le nom de cet auteur : le livre paraît en France … Continuer de lire Note sur la réception de la poésie russe de l’Âge d’argent

Deuils

Fragments, 14 juillet 2026 Le mot « pacte » a été inventé par Montaigne. Le mot « pudeur » a été inventé par Desportes. Le mot « patrie » a été inventé par Du Bellay. Le mot « avidité » a été inventé par Ronsard. Le mot « félicité » a été inventé par Guez de Balzac. Ou alors, dans certains cas, sont-ils seulement les premiers à les avoir mis par écrit ? ** Phase durant laquelle je reprends des poèmes récents, dans l’optique d’un livre. Forme lâche, mais forme quand même. Des répétitions, des variations. Besoin de mélanger scènes et réflexions, que ce soit clair mais syncopé, musical sans … Continuer de lire Deuils

Fragments, 13 juillet 2026

Chez Vaugelas comme chez Bossuet, ce constat préalable sur la langue : c’est l’usage qui est maître. Ensuite, tout un tas de justifications sur l’existence de l’Académie française. Assumer que notre place n’est d’aucune utilité est une des choses les plus difficiles au monde. ** Oscar Wilde constate que la pauvreté aigrit, rend nécessairement mauvais ; quand on a faim, on n’a pas le temps de penser à autre chose ; la souffrance ne rend pas meilleur, jamais. Comme Oscar Wilde n’aime pas les pauvres, il devient évidemment socialiste, puisqu’il veut qu’il n’y ait plus de pauvres. Ainsi devrait-on convaincre … Continuer de lire Fragments, 13 juillet 2026

Pierre Vinclair & Jérémy Cheval, « La Décize / Peinture à l’eau du Rhône ».

Poésie du dimanche, 35. Les portes d’entrée dans un livre de poésie sont multiples. La maison du poème est ouverte à tous les vents. Bien sûr, je connais désormais bien l’œuvre de Pierre Vinclair, et j’ai suivi les éditions Épousées … Continuer de lire Pierre Vinclair & Jérémy Cheval, « La Décize / Peinture à l’eau du Rhône ».

Fragments, 4 juillet 2026

Revues et blogs se mettent en pause estivale. Début des baisses de présence en ligne. C’est le moment où je sors la tête de l’eau, pourrais enfin lire plus abondamment et discuter. Décalage habituel, désormais. ** De même que la connerie peut être la décontraction de l’intelligence, le vers libre peut-être la décontraction de la prosodie. ** Nous regardons des émissions de téléréalité, moitié par besoin de décompresser, moitié par masochisme. Les participants parlent une langue étrange, qui ressemble au français, mais n’en a plus les structures logiques. On a tout de suite envie de constituer un bêtisier, comme le … Continuer de lire Fragments, 4 juillet 2026

Fragments, 3 juillet 2026

Retour à Pessoa, dont j’ai envie de faire une lecture oblique : Le Livre de l’intranquillité comme école du ralentissement. Que ce soit au cœur de l’hiver ou de la canicule, c’est un livre pour les périodes pénibles, pour supporter celles-ci, tantôt par la méditation, tantôt par la fragmentation poétique, tantôt par l’analyse froide du quotidien. Le risque, avec cet ouvrage, c’est un désespoir trop grand, en sortant de ses pages : les héros de l’inertie sont bien souvent des héros de la dépression. Il nous faut travailler à une inertie joyeuse. ** Vacances. ** Peu importe quel angle on … Continuer de lire Fragments, 3 juillet 2026

Fragments, 2 juillet 2026

L’autre jour, écoutant la radio. Découverte, à la Bibliothèque Nationale de France, d’une partition contenant un morceau pour flûte et harpe de Mozart. Création par des musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Première écoute sur France Musique. C’était beau. ** Il est des œuvres dans lesquelles on n’entre pas. Chacun pourrait lister ce qu’il voit d’autres admirer, ce qu’il aurait toutes les raisons d’admirer, mais ne parvient pas à admirer. Ainsi ai-je vu un grand nombre d’œuvres de Matisse et lu un grand nombre d’articles expliquant pourquoi c’était un immense artiste, mais n’étais-je jamais parvenu, jusque-là, à admirer son … Continuer de lire Fragments, 2 juillet 2026

Fragments, 29 juin 2026

Peu écrit durant la semaine dernière, du fait de la triple contrainte : canicule, correction des écrits du bac, recherche de logement pour l’année prochaine. ** La canicule me ralentit. Sans doute est-ce ainsi pour tous. Le chef du Medef regrette d’ailleurs qu’à cause de la canicule, « l’économie soit au ralenti ». Ce n’est pas faute d’avoir alerté depuis vingt ans : on a pris du retard sur l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique, donc on va perdre des milliards, et de plus en plus de milliards si on ne s’adapte très vite. Cela demande de penser un peu plus loin … Continuer de lire Fragments, 29 juin 2026

Actualité poétique, 22 juin 2026

L’actualité poétique peut se décliner en multiples versants. On pourrait imaginer une revue de presse fondée sur l’analyse de métaphores dans des extraits d’articles ou de livres tout juste publiés ; une autre revue fondée sur la manière de décrire poétiquement un paysage ; une autre sur les torsions de la syntaxe ; une autre sur la prosodie ; et sur bien d’autres thèmes encore. On pourrait faire le compte des ventes de la semaine, en tirer un commentaire, puis faire le compte des articles les plus lus de la semaine et qui traitaient de poésie dans les organes de … Continuer de lire Actualité poétique, 22 juin 2026