À propos du style IA

Le climat de suspicion autour de l’IA s’est généralisé. C’était déjà devenu une insulte facile, « on dirait un texte généré par IA », pour dire que le livre était de la soupe consensuelle. Que tel auteur l’ait réellement utilisée ou non, une bonne partie des romans de cette rentrée littéraire en donnent l’impression, parce que la soupe consensuelle est dominante dans cette période de l’industrie littéraire : phrases courtes, registre pathétique, mélange entre un contenu violent (violences sexuelles, meurtre, guerre) et le grotesque des personnages, un peu d’humour acerbe pour donner une impression de profondeur. Nous allons donc être sommés de … Continuer de lire À propos du style IA

Mi-septembre en attendant

Voulu écrire une chronique de « poésie du dimanche » sur Cassandre à bout portant de Sandra Moussempès, mais toutes mes notes prises répétaient des éléments déjà dits dans mes deux précédentes chroniques consacrées à cette poétesse. Voulu écrire une chronique itou sur Tout se tient de Stéphane Bouquet mais, comme dans mes précédentes réflexions sur ce poète, je bloquais sur la question de l’érotisme gay, central dans son œuvre, et dont je ne sais pas quoi dire. Parler, comme je l’avais fait pour Un Peuple, uniquement de questions poétiques, en passant très rapidement sur le contenu thématique, me paraîtrait pour ce … Continuer de lire Mi-septembre en attendant

Notes du jour, 2 septembre 2026

Recevant les identifiants et mots de passe pour Webmail, Atrium, Estérel, le réseau du lycée, la photocopieuse, Pronote, le Portail Familles du mercredi, le Portail Familles du soir, le Portail Familles de la cantine, je repense à mon collègue de philosophie qui disait : « le cœur du métier d’enseignant aujourd’hui, c’est de rentrer des identifiants et des mots de passe ». ** Pris les Entretiens de Cioran à la médiathèque. Grand plaisir à lire ces textes : Cioran y revient sur sa formation intellectuelle, son mode d’écriture, la distance entre l’ombre du contenu de ses livres et le côté guilleret qu’il … Continuer de lire Notes du jour, 2 septembre 2026

Poésie du dimanche (36) : Lénaïg Cariou, « les dires ».

les dires est un livre à dispositif : présentation minimale, pages cartonnées, poèmes justifiés et disposés en carrés ou rectangles, répétition du « elle dit » et paroles rapportées décontextualisées. Là où la philosophie a tendance à chercher la clarification, la poésie travaille … Continuer de lire Poésie du dimanche (36) : Lénaïg Cariou, « les dires ».

Notes du jour, 26 août 2026

Hier, inscription à la médiathèque municipale. Elle est immense, avec un grand rayon consacré à la poésie contemporaine. Je songe que, rien qu’avec tous les ouvrages qui m’intéressent dans les trois étages, j’en aurais pour une dizaine d’années de consommation culturelle. Bref, je prends racine. ** Il faut imaginer une fragrance fractale. ** Je prends le volume Œuvres en prose de Forough Farrokhzâd, aux Belles Lettres. Même couverture que La Chouette aveugle de Sadegh Hedayat, lu il y a deux ans. L’appareil critique (par Sébastien Jallaud, également traducteur) de nouveau excellent. Me rends compte que je connais finalement déjà bien … Continuer de lire Notes du jour, 26 août 2026

Journée

Ère des canicules relatives, je boisun deux trois quatre cinq martinis,les voisins déballent leurs aventures libertines,est-ce un traquenard ? non même pas,ils sont juste bourrés. Le barman me faitde l’oeil. Rentrés à la maison on rigole,je vais courir en forêt pour dessouler. Dans le village un chat, une affiche deMarine Le Pen déchirée, des gens chantent en faisant le ménage. Sur le chemin des tilleuls, des pommiers, des troènes.L’eau coule claire, près d’un graffiti GHOST.Devant les papillons je pense à Nabokov.Je crois qu’il faut mettre en jeu son existence,écrire des poèmes au risque de disparaitre.Redescendant, silence relatif : peu d’oiseaux,quelques … Continuer de lire Journée