Fragments, 28 juillet 2026

On aurait pu obtenir un bingo musical en 2026 : après un bon album d’Archive, un bon album de Tricky, il eût suffi d’un bon album des Strokes pour nous ramener fin des années 90/début des années 2000, cette époque toute pourrie qu’on n’aurait pas cru regretter un jour (je songe avec effroi au moment où nous regretterons les années 2020), -mais l’album des Strokes est atroce, avec son filtre dégueulasse qui massacre par sa propre volonté la voix de Julian Casablancas. Les albums de Muse et de Gorillaz étant, eux, aussi pénibles qu’habituellement (disons, depuis le début des années … Continuer de lire Fragments, 28 juillet 2026

Fragments, 16 juillet 2026

Écoute la pluie tomber. Regarde l’herbe, comme si elle allait instantanément reverdir avec ces quelques gouttes. J’ouvre la porte : la rincée est chaude, rude. ** Tracas de déménagement : le point de livraison électrique que personne ne parvient à trouver ; les inscriptions à l’école ou au collège, pour lesquelles il faut aller chercher tel ou tel papier, alors que tout est fermé ; le rendez-vous technicien pour la box ; aura-t-on assez de cartons pour mettre tous nos livres ; ce meuble entrera-t-il dans cet angle. ** L’Argentine bat l’Angleterre. Avais oublié le plaisir que c’était de regarder … Continuer de lire Fragments, 16 juillet 2026

Note sur la réception de la poésie russe de l’Âge d’argent

« Âge d’argent » est l’expression par laquelle l’histoire littéraire russe appelle la floraison poétique des années 1890 jusqu’au-milieu des années 1920. L’expression se fait par rapport à l’âge d’or qu’avait été la période de Pouchkine et de son cercle ; elle a été popularisée par un vers d’Anna Akhmatova, dans son « Poème sans héros ». La lecture du livre Nécropole de Vladislav Khodassevitch est assez déroutante. Je doute que grand-monde, en tout cas parmi les moins de quarante ans en France, y compris parmi les amateurs de poésie russe, ne connaisse le nom de cet auteur : le livre paraît en France … Continuer de lire Note sur la réception de la poésie russe de l’Âge d’argent

Deuils

Fragments, 14 juillet 2026 Le mot « pacte » a été inventé par Montaigne. Le mot « pudeur » a été inventé par Desportes. Le mot « patrie » a été inventé par Du Bellay. Le mot « avidité » a été inventé par Ronsard. Le mot « félicité » a été inventé par Guez de Balzac. Ou alors, dans certains cas, sont-ils seulement les premiers à les avoir mis par écrit ? ** Phase durant laquelle je reprends des poèmes récents, dans l’optique d’un livre. Forme lâche, mais forme quand même. Des répétitions, des variations. Besoin de mélanger scènes et réflexions, que ce soit clair mais syncopé, musical sans … Continuer de lire Deuils

Fragments, 13 juillet 2026

Chez Vaugelas comme chez Bossuet, ce constat préalable sur la langue : c’est l’usage qui est maître. Ensuite, tout un tas de justifications sur l’existence de l’Académie française. Assumer que notre place n’est d’aucune utilité est une des choses les plus difficiles au monde. ** Oscar Wilde constate que la pauvreté aigrit, rend nécessairement mauvais ; quand on a faim, on n’a pas le temps de penser à autre chose ; la souffrance ne rend pas meilleur, jamais. Comme Oscar Wilde n’aime pas les pauvres, il devient évidemment socialiste, puisqu’il veut qu’il n’y ait plus de pauvres. Ainsi devrait-on convaincre … Continuer de lire Fragments, 13 juillet 2026

Pierre Vinclair & Jérémy Cheval, « La Décize / Peinture à l’eau du Rhône ».

Poésie du dimanche, 35. Les portes d’entrée dans un livre de poésie sont multiples. La maison du poème est ouverte à tous les vents. Bien sûr, je connais désormais bien l’œuvre de Pierre Vinclair, et j’ai suivi les éditions Épousées … Continuer de lire Pierre Vinclair & Jérémy Cheval, « La Décize / Peinture à l’eau du Rhône ».

Fragments, 4 juillet 2026

Revues et blogs se mettent en pause estivale. Début des baisses de présence en ligne. C’est le moment où je sors la tête de l’eau, pourrais enfin lire plus abondamment et discuter. Décalage habituel, désormais. ** De même que la connerie peut être la décontraction de l’intelligence, le vers libre peut-être la décontraction de la prosodie. ** Nous regardons des émissions de téléréalité, moitié par besoin de décompresser, moitié par masochisme. Les participants parlent une langue étrange, qui ressemble au français, mais n’en a plus les structures logiques. On a tout de suite envie de constituer un bêtisier, comme le … Continuer de lire Fragments, 4 juillet 2026

Fragments, 3 juillet 2026

Retour à Pessoa, dont j’ai envie de faire une lecture oblique : Le Livre de l’intranquillité comme école du ralentissement. Que ce soit au cœur de l’hiver ou de la canicule, c’est un livre pour les périodes pénibles, pour supporter celles-ci, tantôt par la méditation, tantôt par la fragmentation poétique, tantôt par l’analyse froide du quotidien. Le risque, avec cet ouvrage, c’est un désespoir trop grand, en sortant de ses pages : les héros de l’inertie sont bien souvent des héros de la dépression. Il nous faut travailler à une inertie joyeuse. ** Vacances. ** Peu importe quel angle on … Continuer de lire Fragments, 3 juillet 2026