Jeu

Riens, délirants, savants, caviardagesans caviardage, une conventionde la transgression, pas de verbe, carpas d’action, que des objets, doncdu spectacle, du fétichisme, orgueilde mots posés qu’ils croient heureuxd’appeler poèmes, syntaxes, sainteaxiomatique, surtout ne rien dire, nerien penser, presque ne pas respirer(tu expires, CO2), ChatGPT nous donnela finale écriture automatique, tu ne sais plus ce qui est vrai, rien ne le fut,sers-toi un verre d’eau, plus d’alcool, c’est mal, soyez en bonne santé, çacoûte moins à la Sécu, dites merde et saloperie, pour prouver que ce n’estpas écrit par IA (hi-han), délirez, polissezimpolis, laissez faire la vie, l’énergie, brefles catégories sans concept, … Continuer de lire Jeu

Fragments, 14 mai 2026

Poésie contemporaine : un camp autour des métaphores et personnifications, un camp autour des ellipses et allusions. Dans les deux cas, amour de la brachylogie. ** Le vers libre n’est pas nécessairement un vers émancipé : si on n’y prend pas garde, il devient le vers libéral. ** Ovide, premier postmoderne. ** Un fragment nécessite une fragrance. ** Il se croyait un génie : il était ingénu. ** J’ai trop lu Nietzsche dans ma jeunesse pour ne pas rire quand je vois un intellectuel pérorer avec un implacable sérieux sur les « grands thèmes ». Ceux qui me font le plus rire … Continuer de lire Fragments, 14 mai 2026

Fragments, 12 mai 2026

Je fais quelque chose d’inhabituel : je relis les articles écrits sur le blog. Suis embêté par les coquilles et les répétitions. Je le fais pour reprendre de la matière : à deux reprises, on m’a encouragé à en faire un livre, autour de deux thèmes très différents. ** Deux lectures que j’attendais et commence ces jours-ci : 1° Amine Messal, Erreur sur la marchandise. Critique libérale du libéralisme. Il était temps que quelqu’un s’attelle à démontrer cette évidence : le néolibéralisme est illibéral, viscéralement autoritaire, en opposition complète avec le libéralisme classique, dont il usurpe le nom. 2° Élodie … Continuer de lire Fragments, 12 mai 2026

Couverture du livre "Chambre obscure" de Sandra Moussempès. La couverture est sombre, avec des figures peu discernables en clair-obscur.

Poésie du dimanche (32) : Sandra Moussempès, « Chambre obscura. Anthologie augmentée »

Sandra Moussempès possède déjà une œuvre large et reconnue, dans laquelle j’entre par des bords tardifs, un peu en queue de poisson. J’ai parlé ici, l’année dernière, de Sauvons l’ennemie. À la relecture, l’article me paraît court, consacré d’abord à … Continuer de lire Poésie du dimanche (32) : Sandra Moussempès, « Chambre obscura. Anthologie augmentée »

Fragments, 6 mai 2026

Tu mets les élèves en situation de brevet blanc, ils ont de mauvaises notes. Tu mets un devoir de même difficulté en classe, en disant : « Je ne ramasse les copies que de ceux qui le souhaitent et mets une note bonus, qui ne comptera que si elle fait augmenter la moyenne » : ils ont d’excellentes notes. Psychologie de base, que notre société tend à oublier. ** À chaque fois que je parle de mes lectures, il y a quelqu’un pour me demander comment je fais pour lire autant, parfois en sous-entendant que je survole. Ma réponse est toujours la … Continuer de lire Fragments, 6 mai 2026

Fragments, 4 mai 2026

Dans mes cahiers, des passages tristes, puis un retour à la naïveté. Je n’ai pas atteint la distance des objectivistes que j’apprécie. Je suis resté un énième romantique oscillant entre enthousiasme et mélancolie. ** Des abîmes. ** La rhétorique de Trump est en vérité toute classique : c’est la rhétorique obscurantiste. Il se contredit sur la guerre en Iran ? Pas plus qu’Henri III durant la guerre civile du XVIe siècle. ** Lire les mémorialistes affranchit entièrement de l’idée que quoi que ce soit, en matière politique, ait pu être « mieux avant ». Cela fait aussi comprendre pourquoi les philosophes se … Continuer de lire Fragments, 4 mai 2026

Papillonnage

La photographie, en noir et blanc, montre un homme perdu dans une forêt,quelque part en Afrique. Nous passons très vite, je sais que ma fille songe aux possibilités d’évolutionsde ses Evolis (version : Écarlate). Trop d’oeuvres à regarder, trop d’intensité à mettre pour apprécier : les visages, sur les photos, des spectres.J’ai acheté un volume de Brodsky(trad. Henry, Markowicz, Shiltz). Les deux tiersdes poèmes me plaisent, l’autre tiers est traduit par Markowicz. Je termineL’arrière-pays d’Yves Bonnefoy ; trop souvent on oublie sa filiation,là évidente, avec André Breton.Trop de livres ouverts, papillonnagede vacances, d’individu qui peut,en vacances, enfin faire son travail.Une … Continuer de lire Papillonnage