WordPress a gagné en pénibilité depuis que beaucoup illustrent leurs articles avec des images générées par intelligence artificielle. Elles sont invariablement laides. Il me semble qu’il vaudrait mieux ne pas illustrer, ou alors prendre un tableau, ou dessin, ou estampe, dans le vaste fond commun de ce qui se trouve dans le domaine public. J’avais fait cela pour mes « laisses », ces textes d’une page Word avec un seul point final, utilisant Paul Bril, petit maître découvert à la Galerie Borghèse, l’été dernier.
Paul Bril a l’avantage du grand air : vastes paysages, ports, scènes mythologiques en forêt. Peut-être serait-il affligé de se savoir utilisé pour illustrer de vulgaires articles de blog. Peut-être les peintres anciens seraient-ils d’ailleurs affligés de se savoir mis dans des musées, où les conditions ne sont pas remplies pour un regard réellement profond. Ou alors seraient-ils heureux de se savoir contemplés encore, même rapidement et sans profondeur. On n’en saura jamais rien.
Hiroshige comme Bril reviennent régulièrement sous mes yeux, pour des raisons qui paraîtraient risibles à un esprit métaphysique : ils me détendent. On sait maintenant que le cerveau aime regarder la nature et que, dans sa stupidité aveugle, qui détruit toute la critique platonicienne de l’art (ou la confirme, question de point de vue), il ne fait pas la différence entre la nature véritable et l’image de la peinture. Les neurosciences sont cruelles : nos émotions n’y sont que des contacts de synapse. Regarder un tableau de forêt apaise. La société étant ce qu’elle est, des entreprises sud-coréennes ont tapissé leurs murs d’images naturelles, pour rendre les travailleurs plus efficaces. On en est toujours plus ou moins là. [Le contenu informatif de ce paragraphe est pris dans Cerveau et Nature de Michel Le Van Quyen, mauvais livre au demeurant.]
L’hiver vient, je le compense avec une frénésie de lectures, d’écritures, de ballades et de projets. Faire ces projets, avec Anaïs, avec nos filles, est toujours un plaisir. Nous explorons le Grand Colombier, profitons du silence de l’automne, les touristes étant moins nombreux. Certaines de mes pensées sont en échec, mais je les regarde partir sans irritation. Il se passe tant d’événements en une journée. Je divague. C’est mon activité favorite. L’hiver vient, et cette année je n’en ai presque pas peur.
[L’image d’illustration n’est pas d’Hiroshige, mais d’Hasui.]
Ouf, je ne génère rien qui ne soit provenant de mon cerveau qui a ses limites.
Par contre, je suis obligé de fabriquer une contre pensée qui permette à l’été indien une pérennité certaine. On est si bien au soleil.
Le grand Colombier, tiens une idée pour une sortie vélo, je n’y suis jamais allé. C’est bien celui du Bugey?
J’aimeJ’aime
Oui, c’est bien celui du Bugey.
La semaine prochaine, je tente la montée intégrale à pied. (4 h 30 depuis le pied… et ensuite il faut redescendre.)
J’aimeJ’aime
Bravo.
par contre j’ai fait une erreur de français : je ne génère rien qui ne soit autre que ce que produit mon cerveau…
J’aimeJ’aime
Pour ma part, j’admire beaucoup les œuvres de peintres japonais que vous faites découvrir. Cette dernière est superbe…
Bonne montée ^^ !
J’aimeJ’aime