Notes du jour, 2 septembre 2026

Recevant les identifiants et mots de passe pour Webmail, Atrium, Estérel, le réseau du lycée, la photocopieuse, Pronote, le Portail Familles du mercredi, le Portail Familles du soir, le Portail Familles de la cantine, je repense à mon collègue de philosophie qui disait : « le cœur du métier d’enseignant aujourd’hui, c’est de rentrer des identifiants et des mots de passe ». ** Pris les Entretiens de Cioran à la médiathèque. Grand plaisir à lire ces textes : Cioran y revient sur sa formation intellectuelle, son mode d’écriture, la distance entre l’ombre du contenu de ses livres et le côté guilleret qu’il … Continuer de lire Notes du jour, 2 septembre 2026

Poésie du dimanche (36) : Lénaïg Cariou, « les dires ».

les dires est un livre à dispositif : présentation minimale, pages cartonnées, poèmes justifiés et disposés en carrés ou rectangles, répétition du « elle dit » et paroles rapportées décontextualisées. Là où la philosophie a tendance à chercher la clarification, la poésie travaille … Continuer de lire Poésie du dimanche (36) : Lénaïg Cariou, « les dires ».

Journée

Ère des canicules relatives, je boisun deux trois quatre cinq martinis,les voisins déballent leurs aventures libertines,est-ce un traquenard ? non même pas,ils sont juste bourrés. Le barman me faitde l’oeil. Rentrés à la maison on rigole,je vais courir en forêt pour dessouler. Dans le village un chat, une affiche deMarine Le Pen déchirée, des gens chantent en faisant le ménage. Sur le chemin des tilleuls, des pommiers, des troènes.L’eau coule claire, près d’un graffiti GHOST.Devant les papillons je pense à Nabokov.Je crois qu’il faut mettre en jeu son existence,écrire des poèmes au risque de disparaitre.Redescendant, silence relatif : peu d’oiseaux,quelques … Continuer de lire Journée

Fragments, 16 juillet 2026

Écoute la pluie tomber. Regarde l’herbe, comme si elle allait instantanément reverdir avec ces quelques gouttes. J’ouvre la porte : la rincée est chaude, rude. ** Tracas de déménagement : le point de livraison électrique que personne ne parvient à trouver ; les inscriptions à l’école ou au collège, pour lesquelles il faut aller chercher tel ou tel papier, alors que tout est fermé ; le rendez-vous technicien pour la box ; aura-t-on assez de cartons pour mettre tous nos livres ; ce meuble entrera-t-il dans cet angle. ** L’Argentine bat l’Angleterre. Avais oublié le plaisir que c’était de regarder … Continuer de lire Fragments, 16 juillet 2026

Note sur la réception de la poésie russe de l’Âge d’argent

« Âge d’argent » est l’expression par laquelle l’histoire littéraire russe appelle la floraison poétique des années 1890 jusqu’au-milieu des années 1920. L’expression se fait par rapport à l’âge d’or qu’avait été la période de Pouchkine et de son cercle ; elle a été popularisée par un vers d’Anna Akhmatova, dans son « Poème sans héros ». La lecture du livre Nécropole de Vladislav Khodassevitch est assez déroutante. Je doute que grand-monde, en tout cas parmi les moins de quarante ans en France, y compris parmi les amateurs de poésie russe, ne connaisse le nom de cet auteur : le livre paraît en France … Continuer de lire Note sur la réception de la poésie russe de l’Âge d’argent

Deuils

Fragments, 14 juillet 2026 Le mot « pacte » a été inventé par Montaigne. Le mot « pudeur » a été inventé par Desportes. Le mot « patrie » a été inventé par Du Bellay. Le mot « avidité » a été inventé par Ronsard. Le mot « félicité » a été inventé par Guez de Balzac. Ou alors, dans certains cas, sont-ils seulement les premiers à les avoir mis par écrit ? ** Phase durant laquelle je reprends des poèmes récents, dans l’optique d’un livre. Forme lâche, mais forme quand même. Des répétitions, des variations. Besoin de mélanger scènes et réflexions, que ce soit clair mais syncopé, musical sans … Continuer de lire Deuils