Les jours s’allongent. J’ai terminé l’interminable paquet de copies, n’en aurai plus d’aussi massif pendant quelques temps. Le matin, ces derniers jours, je regardais les lueurs sur le col du Fier, au-dessus du Rhône et du lac de Bourget au loin, et soudain, hier, c’était de véritables couleurs, un bleu éclairci accompagné de teintes orangées, et c’était beau. Plus loin, en chemin, lever de soleil dans le rétroviseur. Nous écoutions PJ Harvey, des morceaux qui, à Anaïs et moi, rappellent de beaux souvenirs. L’épuisement de la fin de semaine dernière se clôt. Avec ma fille aînée, dans nos lectures du soir (environ 6 pages par soir, depuis plusieurs années), nous terminons Les Deux Tours de Tolkien et entamons Le Retour du roi. Le soir aussi, il fait désormais jour quand nous rentrons. J’ai réussi à terminer mon article sur Profil élégie de Dominique Quélen. C’est seulement ensuite que j’ai lu certains critiques que j’aime suivre dire que l’œuvre dudit Quélen était difficile d’accès. Elle l’est, sans doute, et j’ai mis du temps à entrer dans la matière du texte. Tout de même, il me semble avoir réussi à proposer deux ou trois éléments dignes d’intérêt. L’angle des figures de style me paraît de plus en plus pertinent pour aborder la poésie contemporaine. Cela pose des jalons. Dominique Quélen me le confirme dans un gentil message qu’il m’envoie sur un réseau social. Ouf ! Je souffle un peu, car ce n’est pas facile de parler du livre de quelqu’un dans un article que celui-ci va sans doute lire. Si je raconte n’importe quoi sur Nietzsche ou Deleuze, comme cela m’arrive à intervalles réguliers, ils me viendront pas me houspiller en public ou en messages privés, comme un auteur contemporain serait tenté de le faire. J’angoisse à chaque publication d’article, parfois je me demande pourquoi je m’impose cela. Bref, nous sommes bientôt le 11 février, c’est-à-dire ma date instituée pour la fin de l’hiver, en lien avec l’hiver 1963 de Sylvia Plath. Les lumières pourront se déployer. Hier j’ai travaillé de 8 h 30 à 20 h 15, car l’après-midi était consacrée, comme c’est institué dans mon collège, à rencontrer chaque parent d’élève de 3e individuellement, avec le chef d’établissement, l’élève et moi-même, professeur principal. Étant donné le chaos qu’est devenu l’orientation, et le fait que de nombreux parents sont perdus, et plusieurs non-familiers du système actuel ou du système français en général, c’est utile et nécessaire. Ceci pour justifier mon absence d’avancées notables en termes d’écriture. Ce n’est pas grave. Je lis, pour la chronique de dimanche prochain, Selon les sources d’Esther Tellermann. C’est bien.