Tu voulais faire un alexandrin, et puis non.
Tu voulais faire un vers justifié, et puis non.
Tu voulais faire un journal d’avancées, et puis non.
Non, non, non. On avance, on recule, on régule
les efforts intellectuels, les pensées, et
on lâche des vers très relâchés, à quoi bon ?
Lire Laurent Albarracin, et apprécier.
Lire Hervé Micolet, et apprécier aussi.
Guère avancer dans Guerre et Paix, la faute à Rostov.
Lire des liasses de textes pour le bac, y
prendre un plaisir certain, mais s’énerver des con
ditions de passage. Bac inégal pour les élèves,
pénible pour les examinateurs. Parti
pour une semaine et demie loin de chez moi,
sous la chaleur qui commence à me donner de
maux de têtes (ou est-ce Sarraute la coupable ?).
J’écris un conte dans lequel un hibou console
une nymphe mélancolique. Sur la quatrième de
couverture sera écrit : « C’est l’histoire d’un
nyctalope qui console une nixe amère. »
Je suis fatigué. Demain matin, à 6 h dans
ma voiture, je mettrai Green Day ou IDLES
à fond pour me réveiller, et peut-être cela
marchera-t-il. Je prie pour Gaza, pour l’Ukraine,
et pour ne pas enchaîner trop d’oraux sur La Tresse.
Quand je suis fatigué, le persiflage s’immisce,
je pourrais m’étaler en vannes méchantes sur
le gouvernement et son inaction écologique-
-économique-social-géopolitique, mais le pire
c’est quand ils sont tellement nuls qu’on a
la flemme de critiquer, cela ne sert plus à rien.
Vacances dans neuf jours. On y croit.