Ai regardé des magnolias en fleur.
Ai réécouté en boucle « The Gumbo Variations » de Frank Zappa et songé à un long poème, qu’il faudrait lire en rythme, en douze minutes cinquante-quatre, et qui contiendrait autant de voyelles qu’il y a de notes dans le morceau de Zappa. Le poème est très beau dans mon esprit. Je préfère donc ne pas l’écrire.
Me suis astreint à la lecture d’un chapitre de Tchouang-tseu par jour. Je le lis dans une traduction ancienne, trouvée sur Wikisource. La réception française doit avoir ses innombrables biais, voici donc un avis d’une relativité extrême : je juge cette œuvre à des années-lumières au-dessus de celles de Lao-tseu et de Confucius. On me dira que cela n’a rien à voir. Soit. C’est à des années-lumières, sur le même plan d’immanence dans le monde objectif, à des marches très lointaines dans mon échelle de plaisir subjectif.
Ai songé que j’intellectualisais peut-être un peu trop.
Ai songé que j’intellectualisais peut-être un peu trop peu.
Ai terminé Sodome et Gomorrhe de Marcel Proust. Ai relu toutes sortes de bribes éparses : ici un aphorisme de Nietzsche, ici le début de L’Amour fou d’André Breton, ici un chapitre de Toni Morrison.
Ai reçu deux beaux livres : Les Œuvres Liquides de Pierre Vinclair et Sauvons l’ennemie de Sandra Moussempès. Comptais chroniquer On·e d’Aurélie Foglia pour la chronique de dimanche, mais aurai-je le temps de le lire et de proposer des réflexions dessus ? Moi qui envisageais de parler de plusieurs livres par semaine, au rythme où les publications d’œuvres intéressantes défilent, si je n’arrive déjà pas à un par semaine, cela va être compliqué.
Ai pris un peu plus de plaisir que d’habitude à lire et discuter sur les réseaux. Sans doute est-ce lié à la semi-éclipse de l’Agent Orange et de son Docteur Folamour. L’actualité médiatique, toujours dans l’évitement systématique de toute mort d’enfant à Gaza, revient à Gérard Depardieu et Pierre Palmade. Allez d’accord, n’en parlons plus…
Après un an et demi de lecture, au rythme de six pages par soir en moyenne lues à ma grande fille, se termine aujourd’hui Le Seigneur des Anneaux. Avons versé une petite larme.
Songeais hier après-midi à avancer dans l’écriture. A la place, j’ai passé deux heures à regarder des anthologies des « plus beaux buts de l’histoire du football », et envisageais d’en proposer un classement raisonné, arguments à l’appui. Là aussi, il vaut mieux que cela reste dans mon cerveau à l’état de projet magnifique et jamais accompli, l’accomplissement signant la fin de tout rêve. Tchouang-tseu a dit : « Qui veut durer, doit se modérer, n’aller jusqu’au bout de rien, toujours rester à mi-chemin. »
Le but de Loko, bien sûr… 😀
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Il est en effet magnifique.
Mais j’avoue avoir un faible pour le sensationnel, aussi Maradona face à l’Angleterre qui dribble tout le monde, puis le commentateur qui hurle “Quiero llorar”, ça me fait quelque chose.
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