Notes sur un festival du livre

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas mis les pieds dans un festival ou salon du livre ; les longues études, avec enfant, puis la situation géographique y sont pour beaucoup, -il y avait néanmoins, à Bellegarde-sur-Valserine, un excellent festival de bande-dessinée. Une collègue, qui y tient un stand, m’incite à tenter celui de Mouans-Sartoux. Il s’agit, en effet, d’un des événements culturels centraux de cette région où j’habite désormais ; le fait que le centre-ville soit entièrement rendu aux piétons durant ce long week-end ajoute à l’attrait ; et, désormais, les gens connaissent Mouans-Sartoux comme “le bled de … Continuer de lire Notes sur un festival du livre

Illusions

Ouvrir les yeux des autres, leur enlever leurs illusions, ce n’est rien. Même si on y parvenait (on n’y parvient presque jamais), ce ne serait rien. Ouvrir ses propres yeux, s’enlever ses propres illusions, voilà l’activité digne de ce nom. ** Clarifier ce qui est obscur, épaissir ce qui est clair. ** Depuis un siècle, poètes et écrivains poétiques creusent non pas le fait que tout arrive par fragments, mais que tout arrive en même temps. Le flux du réel ne sépare par le bruissement de l’arbre du prix du pétrole. Le sourire de l’être aimé tombe en même temps … Continuer de lire Illusions

Mi-septembre en attendant

Voulu écrire une chronique de « poésie du dimanche » sur Cassandre à bout portant de Sandra Moussempès, mais toutes mes notes prises répétaient des éléments déjà dits dans mes deux précédentes chroniques consacrées à cette poétesse. Voulu écrire une chronique itou sur Tout se tient de Stéphane Bouquet mais, comme dans mes précédentes réflexions sur ce poète, je bloquais sur la question de l’érotisme gay, central dans son œuvre, et dont je ne sais pas quoi dire. Parler, comme je l’avais fait pour Un Peuple, uniquement de questions poétiques, en passant très rapidement sur le contenu thématique, me paraîtrait pour ce … Continuer de lire Mi-septembre en attendant

Poésie du dimanche (36) : Lénaïg Cariou, « les dires ».

les dires est un livre à dispositif : présentation minimale, pages cartonnées, poèmes justifiés et disposés en carrés ou rectangles, répétition du « elle dit » et paroles rapportées décontextualisées. Là où la philosophie a tendance à chercher la clarification, la poésie travaille … Continuer de lire Poésie du dimanche (36) : Lénaïg Cariou, « les dires ».

Fragments, 28 juillet 2026

On aurait pu obtenir un bingo musical en 2026 : après un bon album d’Archive, un bon album de Tricky, il eût suffi d’un bon album des Strokes pour nous ramener fin des années 90/début des années 2000, cette époque toute pourrie qu’on n’aurait pas cru regretter un jour (je songe avec effroi au moment où nous regretterons les années 2020), -mais l’album des Strokes est atroce, avec son filtre dégueulasse qui massacre par sa propre volonté la voix de Julian Casablancas. Les albums de Muse et de Gorillaz étant, eux, aussi pénibles qu’habituellement (disons, depuis le début des années … Continuer de lire Fragments, 28 juillet 2026

Fragments, 16 juillet 2026

Écoute la pluie tomber. Regarde l’herbe, comme si elle allait instantanément reverdir avec ces quelques gouttes. J’ouvre la porte : la rincée est chaude, rude. ** Tracas de déménagement : le point de livraison électrique que personne ne parvient à trouver ; les inscriptions à l’école ou au collège, pour lesquelles il faut aller chercher tel ou tel papier, alors que tout est fermé ; le rendez-vous technicien pour la box ; aura-t-on assez de cartons pour mettre tous nos livres ; ce meuble entrera-t-il dans cet angle. ** L’Argentine bat l’Angleterre. Avais oublié le plaisir que c’était de regarder … Continuer de lire Fragments, 16 juillet 2026

Deuils

Fragments, 14 juillet 2026 Le mot « pacte » a été inventé par Montaigne. Le mot « pudeur » a été inventé par Desportes. Le mot « patrie » a été inventé par Du Bellay. Le mot « avidité » a été inventé par Ronsard. Le mot « félicité » a été inventé par Guez de Balzac. Ou alors, dans certains cas, sont-ils seulement les premiers à les avoir mis par écrit ? ** Phase durant laquelle je reprends des poèmes récents, dans l’optique d’un livre. Forme lâche, mais forme quand même. Des répétitions, des variations. Besoin de mélanger scènes et réflexions, que ce soit clair mais syncopé, musical sans … Continuer de lire Deuils

Pierre Vinclair & Jérémy Cheval, « La Décize / Peinture à l’eau du Rhône ».

Poésie du dimanche, 35. Les portes d’entrée dans un livre de poésie sont multiples. La maison du poème est ouverte à tous les vents. Bien sûr, je connais désormais bien l’œuvre de Pierre Vinclair, et j’ai suivi les éditions Épousées … Continuer de lire Pierre Vinclair & Jérémy Cheval, « La Décize / Peinture à l’eau du Rhône ».

Actualité poétique, 22 juin 2026

L’actualité poétique peut se décliner en multiples versants. On pourrait imaginer une revue de presse fondée sur l’analyse de métaphores dans des extraits d’articles ou de livres tout juste publiés ; une autre revue fondée sur la manière de décrire poétiquement un paysage ; une autre sur les torsions de la syntaxe ; une autre sur la prosodie ; et sur bien d’autres thèmes encore. On pourrait faire le compte des ventes de la semaine, en tirer un commentaire, puis faire le compte des articles les plus lus de la semaine et qui traitaient de poésie dans les organes de … Continuer de lire Actualité poétique, 22 juin 2026

Fragments, 13 juin 2026

La guerre entre l’Ukraine et la Russie a désormais duré plus de temps que la Première Guerre mondiale. ** Les définitions poétiques de la poésie m’irritent de plus en plus, alors que j’en abusais dans ma jeunesse. « La poésie est l’éclair de l’âme », « la poésie est le déchirement de la langue », « la poésie est le renversement spirituel du monde », « la poésie est l’ouverture à l’univers », etc. : tout ceci peut être beau, mais demeure stérile pour l’écriture et la réflexion. Plus je vieillis, plus je deviens terre-à-terre : quelle prosodie ? quelle syntaxe ? quels mots ? quels sujets ? … Continuer de lire Fragments, 13 juin 2026