Dans la chronique consacrée à On•e d’Aurélie Foglia, je ne suis pas parvenu à dire tout ce que je voulais dire. Il aurait fallu une étude presque monographique : la question de l’implication, la question de la violence en poésie, la question du rapport de la syntaxe avec tout cela, -cela méritait bien plus. J’ai dû en rester à des impressions, le temps et l’énergie jouant en ma défaveur. Aurais-je dû laisser tomber ce weekend-ci et préparer un plus long travail en deux semaines ? J’avais envie, cette semaine, de parler du livre Les Œuvres liquides de Pierre Vinclair, aussi suis-je passé succinctement sur des éléments immenses.
Depuis longtemps je songe à un article qui serait une sorte de suite à « Faire connaître la poésie contemporaine », que j’avais écrit il y a bientôt deux ans et qui avait suscité plus de réactions que d’habitude, du fait que ce champ est inexploré pour tous, hors d’un cercle qui ne doit pas contenir plus de 5000 personnes en France. Il faudrait faire un point d’étape, avec les lectures récentes. Tant d’études transversales sont possibles ; je pense par exemple au thème du deuil, qui traverse beaucoup de mes lectures, -mais est-il majeur dans la poésie contemporaine ou seulement dans mes propres obsessions ? Sur le vers et sur la syntaxe, d’autres le font bien mieux que je ne pourrais le faire. Je pensais aussi aux questions de structure des recueils, qui semblent moins intéresser les critiques. Quelque chose autour de la « poétique du livre de poésie », -mon sujet de master sur Philippe Desportes était consacré à la « poétique du recueil », -j’ai failli enchaîner avec une thèse sur cette question, mais les poètes du corpus m’intéressaient très moyennement, et j’avais plus intéressant à faire dans ma vie qu’une thèse.
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En lisant une chronique sur Théorème de l’inachèvement de Christophe Condello, je m’aperçois que j’ai sans doute fait une erreur d’interprétation sur la question du deuil. L’autre chroniqueur y voit plus nettement le deuil du père, tandis que j’étendais le deuil à plusieurs figures, changeantes selon la section du livre. Peut-être ai-je fait une erreur, mais ce qui me frappe surtout, c’est qu’erreur ou pas, je préfère ma version : le livre me semble permettre cette extension du deuil, ce flottement riche de sens. Christophe aurait peut-être son mot à dire sur la question, sur ses intentions, -ou alors, plus subtilement, il laisserait l’incertitude sur les intentions, pour que le texte rayonne plus loin.
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Les copies de brevet blanc accaparent l’essentiel de mon temps libre. Je n’ai écrit aucun poème cette semaine. Je lis Les Œuvres liquides de Pierre Vinclair. J’essaierai de le terminer et de produire une chronique pour dimanche.
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Pour conclure, ceci est un poisson d’avril à mon effigie, selon un artiste de 3e.
