Avancées (21) : 21 mai 2025

La fin de semaine dernière, j’eus enfin la chance d’avoir un moment de répit dans le travail : plus de séquence à construire, pas de grosse correction. Aussi ai-je pu continué quelques travaux poétiques. Je reviens vers le sonnet en prose, et d’autres formes en prose avec contrainte (nombre de mots, de lignes, ou de signes). Il est probable que j’écrive mieux en prose qu’en vers. Sans doute est-ce lié à mon attrait originel pour la forme de l’aphorisme. Durant ma formation d’écriture, les aphoristes m’ont peut-être plus plu que les poètes ; et, quand j’aimais des poètes, j’aimais particulièrement ceux qui avaient une tendance à l’aphorisme poétique : Lautréamont, Baudelaire, Tranströmer, plus récemment Juarroz, et bien d’autres.

Travailler sur Hölderlin au mirador d’Ivar Ch’Vavar m’a plu. Il faisait beau samedi, aussi ai-je pu écrire ma chronique sur une table de jardin ; c’était agréable. Je ne suis pas certain d’avoir dit grand-chose de neuf, notamment par rapport à ce qu’ont déjà pu écrire Yves di Manno et Pierre Vinclair. Je crois que, comme toujours, je cherchais surtout à poser un jalon dans mes pensées, et à inviter à la lecture et la réflexion. Autrefois j’avais des prétentions, maintenant j’écris simplement ce que j’ai envie d’écrire.

Je lis Sur les ossements de morts d’Olga Tokarczuk. Contrairement à Dieu, le temps, les hommes et les anges, je pense pas qu’il s’agisse d’un très grand livre, mais il me détend et m’apaise. C’est plus une lecture d’hiver que de printemps : les personnages sont enfoncés dans la neige, il y a des meurtres qu’on ne comprend pas, la narratrice fait des horoscopes et traduit Blake avec son ami. La narration ne contient pas beaucoup de péripéties, et je préfère cela : les romans où la narration s’étend, où l’action n’a plus vraiment d’importance. Je crains de ne pas aimer le cœur du romanesque : les rebondissements me laissent souvent de marbre, ce sont les questions intellectuelles et les faits poétiques qui m’y intéressent.

Pour la chronique de dimanche, je lis Raconteries de Charles Pennequin, publié chez Abrüpt. Je reviens vers un poète que je connais mieux que lors de plusieurs autres des précédentes chroniques. C’est plus simple, plus agréable, et, en ce moment, je préfère l’agréable aux challenges.

Entre temps reviennent les copies, les bilans de compétences, les bulletins, la chasse aux parents qui n’ont pas rempli les vœux d’orientation, les derniers préparatifs pour l’oral du Brevet, et bien d’autres tâches de professeur principal de 3e. J’avance pas à pas, de manière assez satisfaisante. La fatigue est toujours là, mais domestiquée. C’est déjà quelque chose.

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