Parmi mes premiers poèmes, écrits vers mes seize ans, les thèmes de la chambre et de la salle de classe s’entremêlaient : deux lieux clos, oppressants, dont l’urgence était de sortir. Les textes contenaient bien sûr un romantisme du grand air teinté de vague écologie, et se perdaient en lamentations sur la modernité malheureuse. Plus tard on devient adulte et on comprend qu’avec de bonnes aérations, une chambre et une salle de classe peuvent être des lieux agréables. Je n’ai quitté ni l’une ni l’autre, et n’en suis pas malheureux, même s’il faut un passage au grand air de temps en temps.
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J’ai médit de l’organisation des oraux du bac de français. Aujourd’hui, je ne me dédis pas, mais il faut aussi dire que l’effort intellectuel pour assimiler les textes et les lectures cursives était plaisant. Les oraux de ce jour furent très bons, donnaient envie de relire La Bruyère et Laclos, et même d’apprécier Pour un oui ou pour un non de Sarraute.
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Au retour, dans la voiture, la voix de Grian Chatten répétait « I don’t belong to anyone, I don’t wanna belong ton anyone ». Déjà il y a deux ans, sur la route de Ferney à Bellegarde, j’écoutais Fontaines D. C, et la voix de Grian Chatten répétait « Gone is the day, gone is the night, gone is the day ». À garder ce cette journée : chaleur, embouteillage, musique, effort intellectuel.