Toutes les eaux claires

Ici ou là, j’ai demandé aux internautes de commencer une phrase par « La poésie est de toutes les eaux claires celle qui », puis de laisser les suggestions automatiques du téléphone compléter. Cela nous donne la suite de (non-)définitions de la poésie ci-dessous. La poésie est de toutes les eaux claires celle qui a été envoyée à la recherche de la poésie. La poésie est de toutes les eaux claires celle qui est de toutes les informations sur la base de données. La poésie est de toutes les eaux claires celle qui ruisselle vers le tourment de l’onde. La poésie est … Continuer de lire Toutes les eaux claires

« Vie intérieure »

Bernardo Soares n’est pas exactement Fernando Pessoa. Beaucoup de critiques et internautes, pour parler du narrateur du Livre de l’intranquillité, parlent de Fernando Pessoa, oblitérant une dimension du livre. De même, on parle encore de « Marcel » pour le narrateur d’À la recherche du temps perdu, absurdement : Proust a chassé toutes les références à son nom dans les livres publiés, en a simplement laissé deux dans La Prisonnière, non par volonté, mais parce qu’il est mort avant de pouvoir relire les épreuves. L’édition Christian Bourgois de « l’autobiographie sans événements » me paraît très satisfaisante (n’étant pas spécialiste de Pessoa, cet avis … Continuer de lire « Vie intérieure »

Fragments, 19 mars 2026

Terminant V13 d’Emmanuel Carrère, j’en reviens au constat désormais définitif dans la critique : Carrère est un excellent journaliste, ses livres sont très intéressants quand il parle d’autre chose que lui, très mauvais quand il parle de lui. Là, c’était un livre qui ne parlait pas lui, on était du bon côté de la Force. L’Adversaire est désormais un classique (je me range à l’avis de Javier Cercas dans L’Imposteur, livre qui n’est visiblement pas devenu un classique, mais demeure le véritable chef-d’œuvre de la « littérature du réel »). Je suis vivant et vous êtes mort, V13, et surtout Limonov, bons … Continuer de lire Fragments, 19 mars 2026

Fragments, 4 février 2026

Lentes approches des vacances, lentes fatigues qui s’approfondissent, longue échelle de moments agréables mêlés aux tracas habituels du tripalium. Pour le travail sur les nouvelles fantastiques, relecture de plusieurs textes d’E.T.A Hoffmann. Les Allemands fêtent les 250 ans de sa naissance ; en France, rien. Tout le romantisme allemand demeure pour l’essentiel en jachère, et c’est sans aller vers des auteurs décisifs comme Ludwig Tieck, Clemens Brentano, Bettina von Arnim ou Achim von Arnim (seul ce dernier ayant eu un semblant de retentissement durable dans l’histoire littéraire, grâce aux nombreuses mentions qu’en fit André Breton). Autrefois, mon vocabulaire allait naturellement … Continuer de lire Fragments, 4 février 2026