Sous la chaleur

Lever 5 h 30. J’ouvre la fenêtre et me dit qu’il fait enfin frais. Le lever de soleil est beau. Il faudrait, ces temps-ci, se lever à 5 h pour profiter, et se recoucher vers 11 h. Voire vivre la nuit ; nous y viendrons.


Le matin dans la voiture, Trent Reznor chante : « I drag you down, I use you up / Mr Self Destruct ».


Pendant les pauses, j’avance dans le deuxième tome de Guerre et Paix. La guerre est revenue. Nicolas Rostov cesse de se demander qui il doit épouser, et se jette dans la mêlée. On lui donne des décorations militaires ; il ne comprend pas pourquoi : sa main tremble tout le temps et il agit sans réfléchir.


Ma salle est du côté des arbres, aussi la matinée est-elle fraîche. De l’autre côté du couloir, le soleil tape dès 8 h, toute la journée sera volets fermés.


Le troisième jour d’oral est un creux : il reste encore trois jours après, on commence à se lasser de faire toujours passer sur les mêmes textes, on n’en a plus d’autres pour varier. Les surprises se font rares.


À midi je comptais avancer dans Tolstoï, mais j’aime beaucoup trop discuter avec les collègues. Comme mangent avec moi ceux qui ont au lycée mes anciens élèves de troisième, je prends des nouvelles. Nous discutons de cet écart entre les attendus de troisième et ceux de seconde, parlons des différents exercices et des manières de les présenter, pestons contre les politiques budgétaires du gouvernement. Enchaînons avec un café, je retrouve un collègue du syndicat, nous discutons syndicats. C’est toujours bon d’avoir une oreille attentive pour écouter les problèmes de son établissement ; -avec cette pointe d’ironie sombre qu’ont toujours les représentants qui écoutent ces situations : les problèmes sont les mêmes partout.


À 14 h 30 il y a ce qu’entrent collègues examinateurs nous appelons « le moment 14 h 30 – 15 h » : le besoin de dormir allié à la chaleur cuisante. Ma salle n’y échappe plus. La proviseure adjointe vient nous amener de l’eau fraîche.


Le soir, Robert Plant chante : « Good times, bad times, you know I’ve had my share ».

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