Au cours de la relecture des Mouches, j’ouvre la pièce correspondante, via Wikisource, chez Eschyle, Sophocle et Euripide. Je prends Electre de Giraudoux, laisse de côté Tu étais si gentil quand tu étais petit d’Anouilh, version que je trouve nullissime. Je ne change rien à mon cours de 3e, me rappelle seulement le regard perplexe des collègues quand je dis « je fais Les Mouches de Sartre avec mes 3e ». Je remets à plat ce vieux projet d’écrire un long poème sur Oreste. J’écris quelques strophes de brouillon. C’est éthéré, pseudo-philosophique sans profondeur, sans aucune prise sur le réel, -tout ce que je viens de reprocher, dans mon journal de lecture, à un livre de poésie récent. J’abandonne une nouvelle fois. Oreste oblige à réfléchir sur l’agir, le non-agir, son choix (l’acte) est le contraire du tao. La tragédie grecque, comme la philosophie grecque, médite sur la justice et les pouvoirs de la parole, -nous sommes en plein dedans, -relire les Grecs est urgent. L’urgence, c’est de s’arrêter pour réfléchir. Les 3e aiment visiblement travailler sur Les Mouches ; je veux dire, à l’échelle de ce qu’on peut aimer dans le cadre scolaire. Un bon cours est probablement une chute par rapport à un bon poème, mais après tout, ce n’est pas rien non plus.
