Fragments, 12 avril 2026

Disposer un poème en corymbe.

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On en est à être contents parce qu’il n’y a pas eu de génocide pendant la nuit.

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Dire qu’on pourrait admirer tranquillement les photographies prises par la mission Artémis s’il n’y avait pas tant de cinglés aux manettes. Les longs articles sur « Comment les astronautes font-ils pipi dans leur fusée? » me manquent.

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La hyacinthe, comme toutes les fleurs, est à reconquérir.

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Je me pose des questions très bêtes, comme : Pourquoi les Américains ont-ils repris leur programme spatial justement maintenant ? Quelques recherches aident à comprendre : la Chine a prévu des missions lunaires en 2030. C’est la course à qui renverra un humain le premier.

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Cosmonaute (russe), astronaute (américain), spationaute (français), taïkonaute (chinois), vyomanaute (indien) : seul exemple de nom de métier dont le nom diffère selon l’origine nationale. Question posée par le linguiste Frédéric Alline : « Comment appellera-t-on un astronaute suédois ? un cosmonaute rwandais ? »

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Une tribune, dans Libération, appelle à transférer Samuel Paty au Panthéon. Déjà l’horreur d’être assassiné, en plus l’horreur d’être mis dans un caveau froid et humide, sous un monstre architectural, à côté de généraux napoléoniens que tout le monde a oubliés, et d’avoir droit à une oraison funèbre par Emmanuel Macron ou par Jordan Bardella. L’enfer.

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À Grenoble, l’exposition Charlotte Perriand, de peu d’intérêt. À côté, les photographies de Bernard Descamps, bien meilleures. Passage devant Saint Grégoire entouré de saints et de saintes, de Rubens, le tableau qui, ces dernières années, m’a le plus obligé à le contempler. Dès que je commence à rassembler mes remarques dessus, cela part dans tous les sens, j’en ai pour des pages et de pages, dont rien n’est écrit.

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Un internaute, au sujet du Panthéon, me répond que c’est l’âme de la gauche qu’on y célèbre, et que, si l’extrême-droite passait au pouvoir, ce serait un des points de rappel de ce qu’était la France. C’est vrai, -ou plutôt, ce n’est pas faux. Pays de mémoires conflictuelles. « La France est un pays où l’on peut sortir de la rue Nicolas II pour déboucher sur le boulevard Lénine. C’est donc un pays libre. » (Jean-Luc Godard)

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Ce grand moment où je conseille ma fille pour sa première réussite à la Ligue Pokémon.

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Fait une pause dans Cărtărescu, qui était lui-même une pause dans Proust, qui était lui-même une pause dans le dernier livre de Camille Ruiz, pour lire Corrine ou l’Italie de Madame de Staël. Je ne lis que des belles choses, c’est bien.

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