Vignettes (6-10)

Le soleil revient derrière la haie tiédie.Les enfants s’amusent,et reniflent. Des objetsbancals passent dans l’esprit. ** Quélen saura-t-il que je lisais ses poèmes en écoutant Chostakovitch et DJ Mehdi ? Tout cela est bancal. ** « Vendredi, midiest passé depuis longtemps.Je suis fatigué. »Ce mien haïku pourrifit rire en salle des profs. ** Bancal, insensé,effondré, irréel, vrai.Ainsi du poème.Aisé comme un mauvais rêve.Drôle comme le ri-en. ** Nul n’est identiqueau total exact de sesapparences. Etqui d’entre nous n’a pas ditquelque chose qui n’est pas sienne ?* —*Paul Valéry, Introduction à la méthode de Léonard de Vinci. Continuer de lire Vignettes (6-10)

Vignettes (2-5)

Écoutant Fauré,une feuille s’effondrait.Culture acculée.Être un arbre c’est lutteren silence, contre rien. ** Le poème est en forme. Il garde bien la pêche.Je médite surles chutes en vélo chezDominiQuélen. ** Rêve du Cap-Vert.Désir vrai ou touristique ?Mauvaise conscience,sous l’orage réchauffé. Aller ou ne pas aller ? ** Au loin des chi-ensaboient. La chasse reprend.Vent dans les troènes.Certains poèmes sont des forêts, d’autres des buissons. Continuer de lire Vignettes (2-5)

D’un amour

Le monde est obscur, le monde est clarté,un anniversaire veut tout et rien dire. Tu me demandes : il est où le poèmesur mes fesses ? Mais enfin, il est partout.Dans la Dacia Sandero, écoutant Raphaël Feuillâtre, je songeais au bonheur conjugal. Pas grand-monde n’a bien écrit sur le bonheur conjugal, son aspectromanesque et romantique, presquehaletant. Il faudrait un grand talent pourdire le temps qui passe intense. Nostraversées furent nombreuses, émancipatrices, en commun allant, de lachambre d’internat à la maison au piedde la montagne, allant d’une joie à l’autre, en riant sans cesse. Le vent souffle, l’eau coule, la montagne … Continuer de lire D’un amour

Reflets corses

Netteté du paysage, netteté du vert après la pluie, clarté proverbiale du ciel, mais dansles paroles une syntaxe incertaine, il estquestion d’impôts et de terrains. Un vent frais s’étend dans le golfe, entre bateaux etmégots. On ne peut rien faire, le rien s’estemparé de tout. Juste regarder le Capu Tondu, sa crête ocre, le faucon qui passe. Les enfants jouent sous l’orme, celui où « les Anciennes venaient discuter », je lis un Agatha Christie, puis un autre, et un autre.À la télé Donald Trump menace Poutine,et c’est les 300 ans de Pasquale Paoli. Ladensité du monde se perpétue, obscure. Continuer de lire Reflets corses