Circon / stances (19 juin 2026)

Je sors de la Biocoop, navigue entredeux 4 x 4, puis replonge dansle débat sur l’autonomie de laCorse. Le mot « peuple », le mot « nation »,le mot « communauté », sont des vocables poétiques, la politique les transforme en pseudo-poésie. Dehors,les travailleurs du bâtiment suent sousla canicule. Le soleil déborde.On voudrait monde stable, pensée stable,mais le temps, goguenard, se roule un joint.Les élèves rendent leurs manuels, nous étudions Le Château ambulant :les aventures font toujours recette. Continuer de lire Circon / stances (19 juin 2026)

Party poem

Pierre me conseille d’écrire des lunch poems,je réponds d’abord que je n’aime pas beaucoup les lunch poems et Frank O’Hara,puis me rappelle que j’écris souvent ainsi, rapidement, entre deux interstices,Julien ajoute alors qu’il était impressionné,autrefois, en prépa, quand il me voyait écriresi vite, et je lui réponds mmh, je crois quel’expression que tu utilisais à l’époque était diarrhée verbale, il est tout gêné, j’éclatede rire, lui met une bourrade à l’épaule (pastrop forte, pour que la bière ne verse pas),il avait raison, mes poèmes de l’époque étaient très mauvais, trop de grigris, de métaphoresfétiches, de pirouettes de bateleur, trop néo-lyrique, … Continuer de lire Party poem

Plante

L’ordinateur plante, la télévision plante,lassé, je ne publie pas mes fragments du jour.Dans l’épisode de Barbapapa queregarde ma dernière, Barbotine essaied’écrire une nouvelle, mais il y a trop de bruit. Barbapapa déclare : « Mon Royaume pour une sieste ! » Tout cela est très bruyant,aussi n’arrivè-je pas à écrire autrechose qu’une prose même pas coupée et très mauvaise. Un jour tout aura planté. Un jour(ainsi commence un poème de Pennequin). Plus tard, il y a le génerique de Malcolm.Les cœurs planteront, les plantes planteront,mais moucherons et cafards survivront.Le poème a planté, depuis bien longtemps,le poème a planté. Continuer de lire Plante

Jeu

Riens, délirants, savants, caviardagesans caviardage, une conventionde la transgression, pas de verbe, carpas d’action, que des objets, doncdu spectacle, du fétichisme, orgueilde mots posés qu’ils croient heureuxd’appeler poèmes, syntaxes, sainteaxiomatique, surtout ne rien dire, nerien penser, presque ne pas respirer(tu expires, CO2), ChatGPT nous donnela finale écriture automatique, tu ne sais plus ce qui est vrai, rien ne le fut,sers-toi un verre d’eau, plus d’alcool, c’est mal, soyez en bonne santé, çacoûte moins à la Sécu, dites merde et saloperie, pour prouver que ce n’estpas écrit par IA (hi-han), délirez, polissezimpolis, laissez faire la vie, l’énergie, brefles catégories sans concept, … Continuer de lire Jeu

Papillonnage

La photographie, en noir et blanc, montre un homme perdu dans une forêt,quelque part en Afrique. Nous passons très vite, je sais que ma fille songe aux possibilités d’évolutionsde ses Evolis (version : Écarlate). Trop d’oeuvres à regarder, trop d’intensité à mettre pour apprécier : les visages, sur les photos, des spectres.J’ai acheté un volume de Brodsky(trad. Henry, Markowicz, Shiltz). Les deux tiersdes poèmes me plaisent, l’autre tiers est traduit par Markowicz. Je termineL’arrière-pays d’Yves Bonnefoy ; trop souvent on oublie sa filiation,là évidente, avec André Breton.Trop de livres ouverts, papillonnagede vacances, d’individu qui peut,en vacances, enfin faire son travail.Une … Continuer de lire Papillonnage