Épaisseur du temps

Tout ce qui s’est fait d’importants’est fait dans l’épaisseur du temps.Bâtiments, philosophies, contrats sociaux, éducations, relations, vies profondes. Pas seulement dans le temps long, mais dansle temps épais. Parfois cela n’a l’airde rien. Parfois on n’a rien fait et on a bien fait. Le temps épaisest celui où tout se mélange, rien-tout,long-court, calme-frénésie, antique-moderne, vie-mort.Ainsi sur la route départementale près de Belleytu pensais à mariage et poésie et Tokarczuk et copies et pneus et vers arithmonyme. Épaisseurproférée et sans interprétation. Le temps présentet le temps passé… (non, autre poème). Épaisseurrythmée, ou pas. Paradoxes épais comme le temps. Continuer de lire Épaisseur du temps

Fragments du 3 mai

Dans les eaux stagnantes, il y a le plus de vie.Céanothes, iris, œillets, rhododendrons.Un travailleur dispose un piège à ragondins.Anaïs dit qu’elle adore les marronniers.De scintillations sitôt le septuor.Vide, paix, contentement, apathie, silence,Vue globale, non intervention : le Principe.Spiritualité : profond comme le vide.Continuer le travail ironiquement.Un rire profond contre un rire superflu.On milite pour pouvoir un jour rire mieux.Cette nuit un rêve de fantasy : deux jeunespersonnes de deux familles ennemies s’aimentet parlent par télépathie. – Retour, boulot. Continuer de lire Fragments du 3 mai

Bribes du 29 avril

Une certaine atmosphère de printemps vert.J’explique à ma fille comment marche un moteur.Méditation sur le sonnet contemporain.Le livre d’Ursula K. Le Guin me déplaît.Des champs de colza, l’odeur forte de glycine.Mauvaise conscience d’être un consommateur.Beaucoup trop de politique de courte-vue.Heureusement il y a Anaïs qui sourit.Mes journaux recommencent à être infinis.Songe au vers projectif, au hasard objectif.Faire le vide pour ne jamais le remplir.Pas de résilience, mais de la résistance.Pas de magie, si ce n’est le flux du réel.Mes filles dessinent bateaux, arbres, licornes. Continuer de lire Bribes du 29 avril

Amis de Catulle

Fabullus, Asinius, Veranius,et autres figures qu’on ne connait queparce qu’ils furent amis de Catulle,firent fêtes et blagues avec lui, –comme les sportifs chantés par Pindare, vous émergez du grand cortège d’ombrelaissé par l’absurdité de l’Histoire, –vous émergez absurdes dans la joie d’un moment et d’un vers heureux, – sortisdu tombeau pour l’instant d’un bref sourire. Continuer de lire Amis de Catulle

Rhéteurs

Les rhéteurs sèment la terreur. La terreretentit de leurs pas vifs cadencés.Hier ils professaient des intentionslouables, consensuelles et belles ;aujourd’hui l’honnêteté les obligeà appeler au meurtre et à la guerre.La foule les suit car la foule est folle. Après des millénaires de visions,nous retournons vers la caverne ancienne –Averne nouveau et technologique -,à moins que des paroles ne nous sauvent. ** des paroles / des actes / quelque chose non péremptoire / un rythme / pour dire les besoins le rêve le travail / un travail réel vivant / quelque chose / comme une ligne/l’horizon d’un travail heureux ** Demain, … Continuer de lire Rhéteurs

Dans tous les sens (1)

Il faudrait partir dans tous les sens.Avez-vous déjà vu une carte avec les peregrinations d’Ulysse? Elles n’ont pas de sens.Balloté par les dieux, le destin, « la vie », comme on dit maintenant.Être méthodique ne lui aurait servi à rien.Néanmoins, sur Ithaque, la méthode revient: Ulysse s’applique, pour massacrer les prétendants.L’essence de la méthode est le massacre. Continuer de lire Dans tous les sens (1)

Catulle, 2

Heureux passereau, heur de mon amour,Elle joue avec toi, te tient en main,Elle te donne le bout de son doigt ;Quand cette beauté, objet de mes désirs,Se livre à ce consolant badinage,Qui a pour elle je ne sais quel charme,Elle apaise quelque peu, j’imagine,Les tourments de notre passion brûlante ;Puissé-je ainsi m’amuser avec toiEt alléger les soucis de mon coeur. ** Pour le faire entrer dans un dizain carré (non rimé), j’ai quelque peu tordu ce poème, le deuxième des éditions de Catulle. J’ai suivi l’édition des Belles Lettres, collection Guillaume Budé, m’aidant de la vieille traduction de Georges Lafaye, … Continuer de lire Catulle, 2

Poème (?) dans la nuit du 23 au 24 novembre

en écoutant quelconque musique, une fractale,objet horizon d’un nouveau décor, peut-être ;les lignes qui bougent angoissaient Baudelaire etégaient journalistes (bégaient) sans savoir pourquoi ; qu’est-ce qu’on va faire de toute cettevie errante ; on essaime les objets on essaiede dire quelque chose de sensé on s’assiedsur le grain de poussière dans l’univers eton voudrait faire une bonne blague ; qu’onse détende un peu ; nouveau décor : une constellation ; « les objets fractals peuvent êtreenvisagés comme des structures cigognesen tout point » (Wikipédia) ; regardant un chou romanesco et un rivage côtier jesongeais à l’épaisseur de chaque mot età … Continuer de lire Poème (?) dans la nuit du 23 au 24 novembre