Riens : Victoria Dubourg, bandes dessinées, une scène

Au musée de Grenoble, la semaine dernière, une salle et une expérience étrange. Découverte de tableaux de Victoria Dubourg. Le nom m’est inconnu. Sentiment d’étrangeté devant un tableau représentant sa soeur. Où l’ai-je déjà vue ? Plus tard, un portrait de Victoria Dubourg par Henri Fantin-Latour, et elle aussi, je l’ai déjà vue quelque part. Le carton donne : « Portrait de Victoria Dubourg, épouse de l’artiste ». Tout s’éclaire alors : sur le tableau La Lecture de Fantin-Latour, que j’ai commenté la semaine précédente car c’est un des meilleurs du musée de Lyon, je disais qu’il y avait « deux femmes ». À … Continuer de lire Riens : Victoria Dubourg, bandes dessinées, une scène

Écouter les silences

Dans tous les sens (4) Être à la hauteur des événements : c’est cela que devrait viser le travail intellectuel. Dans un passage de Dialogues, Deleuze le voit comme un enseignement des stoïciens, qu’il reprend pour lui-même : « être digne de ce qui arrive ». Citons la phrase complète, plus complexe : « Entre les cris de la douleur physique et les chants de la souffrance métaphysique, comment tracer son mince chemin stoïcien, qui consiste à être digne de ce qui arrive, à dégager quelque chose de gai et d’amoureux dans ce qui arrive ? » Un commentaire de cette vaste question prendrait … Continuer de lire Écouter les silences

Dans tous les sens (3)

Dès qu’on met réellement le nez dans un domaine, l’immensité s’étend. Entrant véritablement dans le paysage de la poésie contemporaine française (c’est-à-dire, pourrait-on penser de l’extérieur, quelque chose « d’un peu niche », comme on dit sur les réseaux), je me trouve déjà assailli par les milliers de livres. Je le savais, mais désormais je l’expérimente. Ce que je voudrais lire est évidemment bien au-delà de ce que je pourrai lire. Un livre de poésie contemporaine chroniqué par semaine, cela fait un peu plus de cinquante par an si tout va bien, c’est-à-dire pas grand-chose au regard d’un production vaste et de … Continuer de lire Dans tous les sens (3)

Dans tous les sens (2)

Deleuze nous apprend qu’on peut lire la philosophie comme un roman, dont les personnages seraient les concepts. J’ai toujours lu ainsi la philosophie, avant même de lire Deleuze, et c’est pourquoi j’ai été scolairement très mauvais en philosophie. Cette idée récente d’une philosophie comme roman (Deleuze), ou d’une philosophie comme poésie (Nietzsche), m’a infusé dans le mauvais sens : je n’écrivais ni roman ni poésie, seulement un gloubi-boulga où des concepts mal saisis s’étalaient partout. Les avant-gardes avaient fait exploser les genres et les rythmes ; je n’avais plus rien à faire exploser ; j’étais explosé, sans talent, seulement par … Continuer de lire Dans tous les sens (2)