Note sur Verlaine

Comme je tiens depuis des années des journaux de lecture en ligne, je me suis rendu compte d’un phénomène dans mon rapport à certains livres, souvent comptés parmi les œuvres de référence : un rapport de respect, sans aucun attachement affectif. Cette fracture dans l’appréciation de l’œuvre m’a d’autant plus marqué dans ma relecture récente des œuvres poétiques de Paul Verlaine, que je n’avais pas du tout apprécié à dix-sept ans, alors que j’admirais Baudelaire, Rimbaud, Lautréamont. À l’époque, je crois que je n’avais, pour tout dire, pas compris grand-chose. Aujourd’hui, avec plus de maturité et du recul technique, je … Continuer de lire Note sur Verlaine

Proses critiques

La philosophie me fut obscure car je n’aimais pas le cœur de la philosophie, à savoir la métaphysique, la volonté de fonder une pensée. Dès l’entrée dans cette partie du savoir humain me sembla-t-il que rien n’était fondé. Ce que j’aimais, et qu’on range dans les rayons « philosophie » faute de mieux, c’est-à-dire faute d’un segment assez grand dans le champ des sciences humaines (ni vraiment sciences ni vraiment humaines), c’est ce que les Allemands appellent « Kulturkritik« , critique de la culture. Convoquant ce terme, viennent en tête les aphorismes de Nietzsche et d’Adorno, parmi d’autres noms contemporains. Cependant, même chez des … Continuer de lire Proses critiques

Rose libre

Parfois il m’arrive de m’arrêter dans un supermarché de type Gamm Vert pour regarder les fleurs. Cette action peut-être risible provient de mon absence de connaissance préalable : né à Paris, je n’ai d’abord connu que très peu d’arbres et de fleurs ; mon arrivée à la campagne a coïncidé avec l’adolescente blasée et, comme de nombreux jeunes ruraux, j’ai été radicalement sédentaire et pas du tout plus proche de la nature qu’un habitant de la grande ville. Deux obstacles à ce savoir se poursuivent aujourd’hui : pas de jardin botanique à côté ; et quand je me balade, c’est … Continuer de lire Rose libre

Note syntaxique

Là où vacille la syntaxe, lecteur je me sens chez moi. J’y songeais après avoir pris un livre au hasard, dans la réserve de Lettres de l’établissement où j’enseigne : La Nuit du renard de Mary Higgins Clark. Livre divertissant, thriller correctement monté, avec une réflexion sur la peine de mort, prose simple mais livre à la longueur ambitieuse : très bien pour de bons lecteurs de fin de collège. Quant à moi, ce livre m’entraîna vers un profond ennui. Mes goûts sont ailleurs, dans ce que France Culture appelle désormais « littérature complexe », ce qui ne veut rien dire. Je … Continuer de lire Note syntaxique