1 Magnolias, rossignols et chênes se remettent sur la planche. L’oreille se lève. Au loin, j’entends un nouveau son. Je reconnais une Yamaha R9 2025. Elle traverse le poème de Schiller que je lisais, « Die Erwartung« .
2 Il n’y a pas de progressisme sans rock progressif.
3 Est-ce moi qui suis dans mon lit, ou celui qui rêve qu’il est moi et qu’il est dans mon lit ?
4 J’agis, j’attends des effets ; je n’agis pas, des effets se produisent.
5 Un poème devait s’écrire, s’écrier, je ne sais plus.
6 Naufrageurs partout, bateaux nulle part.
7 Parfois les cercles s’ouvrent, un enthousiasme naïf surgit, et naïf n’est alors pas un terme négatif, une brèche est apparue, ce n’est pas l’attente qui est comblée, c’est l’attente qui est oubliée, nous sommes passés à autre chose.
8 Une phrase, c’est une fête et une mise en accusation.
9 Ceux qui vivent dans l’attente d’un sens mènent les existences les plus dépourvues de sens.
10 Il y a toujours un esprit aigri pour s’égosiller : « Qu’attendez-vous ? » L’art d’attendre s’est perdu : on n’attend plus vraiment le Christ ni la Révolution, donc on devrait se bouger le cul pour obtenir telle ou telle miette, ou alors attendre gentiment telle ou telle miette, ce qui revient au même. Il faudrait rénover l’art d’attendre.
11 Non, on n’attend pas pour le plaisir d’attendre, on n’est quand même pas si con. On attend un son qui viendra rompre la scène, une idée qui viendra rompre le système, une phrase qui viendra rompre la syntaxe.
12 On attend pour gagner en attention, pour parvenir à nouveau à s’attendrir.
13 À la fin d’un poème, tout poète se demande : « L’ai-je bien attendu ? »