Notes, 23 septembre 2026

Je prends un carnet, commence un projet de « Méditations » ; cela débouche sur exactement le même style que mes « notes » ou « fragments » ou, comme je disais autrefois, éléments en « roue libre » ; le titre est simplement plus pompeux. Voudrais écrire dans un style plus dense, couronner ma prose d’or, cependant deux tensions s’avancent à chaque tentative : 1° Cela m’amène peu ou prou à écrire dans le style des Apparitions de Philippe Beck ; or, ces textes-là sont déjà écrits. 2° N’ayant pas le talent de Philippe Beck dans ce style, nombre de mes paragraphes mis sur carnet tombent à plat.

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Dès que je tente une entrée dans le haut voltage, les mots tombent à plat. Recettes classiques pour l’éviter : un brin d’humour, une tournure orale pour casser l’ensemble, un élément de la banalité quotidienne pour assaisonner le tout. Mais, en vérité, c’est toujours la montée vers le haut voltage qui m’intéresse.

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« Poètes de bas voltage VS poètes de haut voltage » (concepts de Jean-Claude Pinson et Stéphane Bouquet). Je reformulerai ainsi : il y a les poètes Pikachu et les poètes Electhor. (Ou encore : il y a des poètes qui lancent plusieurs attaques « Éclair », d’autres qui envoient direct « Élecanon ».)

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Les débats sur l’intelligence artificielle contiennent des arguments de plus en plus sombres et inquiétants. On se demande où sont passés les béats de l’IA de 2022-2023 : se cachent-ils ? Ils font bien. Néanmoins, il faut noter ceci : les magnats des entreprises technologiques ne nous vendent plus les gains de l’IA, un éventuel bonheur futur lié au temps et à la productivité gagnées, mais nous préviennent sans cesse que l’IA crée de graves dangers. Ils nous menacent : regardez, si vous ne nous donnez pas le pouvoir (et votre argent), nous lâcherons les IA sur vous. « Attention : mon IA arrive à échapper à mon contrôle et à attaquer des entreprises. Demain ça pourrait être vous. » Tous ces gens enrichis par le vol de données le plus massif de l’histoire humaine devraient être en prison.

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Andreï Tarkovski, après quelques réserves sur les dialogues, la violence et le piètre jeu d’acteur, affirmait que Terminator était un grand film montrant l’humanité face à son destin. Au début du deuxième volet, Sarah Connor est en hôpital psychiatrique pour avoir saboté des centres de données. Oui, c’est bien là notre destin.

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(J’ouvre une parenthèse pour rappeler que je connais la différence entre les IA génératives, les IA utilisées par les scientifiques, les prototypes de nouvelles IA produits par la Chine ou les États-Unis : pas besoin de venir faire la leçon, j’écris « IA » par facilité, de même qu’on écrit souvent « liberté » ou « poésie » ou « philosophie » sans avoir besoin de réexpliquer la complexité des termes à chaque occurrence.)

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Un type lié aux détecteurs IA accuse Thélyson Orélien d’avoir utilisé l’IA pour écrire C’était ça ou mourir. Voilà où nous en sommes : après le grand vol des données par les IA, on nous vend des IA pour détecter des contenus générés par IA, mais ces détecteurs considèrent à peu près tout comme de l’IA. (J’avais testé il y a longtemps, c’était erreur sur erreur ; ne faites pas le test de votre côté, ça pollue inutilement et, avec l’IA comme avec les cons, il ne faut pas discuter, ça les rend intelligents.) Thélyson Orélien n’a très probablement pas utilisé l’IA, mais le but des salauds qui ont lancé cette rumeur (sur X -feu Twitter-, c’est-à-dire le temple fasciste) est atteint : 1° Faire de la publicité pour un détecteur d’IA. 2° Salir un auteur du Sud global qui parle de migration dans son roman. Technologie plus extrême-droite : qui osera encore récuser le terme technofasciste ?

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« Abolir le nombre » (Rilke). Rilke, poète de haut voltage. « Rainer Maria Rilke lance Fatal-Foudre. »

František Kupka, Le Début de la vie, 1900.

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