Poésie du dimanche (17) : Charles Pennequin, « Raconteries ».

Charles Pennequin est un écrivain qui commence à m’être familier. Il m’est arrivé pour la première fois à l’oreille, lors d’un séminaire de Michel Murat, « L’œil et l’oreille », consacré au traitement de la voix dans la poésie contemporaine. Plus tard, … Continuer de lire Poésie du dimanche (17) : Charles Pennequin, « Raconteries ».

Minima Moralia, 4

Le quatrième aphorisme des Minima Moralia, plus court que les précédents, est construit en deux parties, comme souvent chez Adorno. Ce ne sont pas des parties séparées (il y a, comme toujours, un seul paragraphe), mais un fait anecdotique qui débouche sur une idée morale plus générale, sans que les deux soient nettement séparés : le passage se fait sans qu’on y songe. Il y a d’abord l’anecdote sur la nécrologie d’un homme d’affaires, loué pour sa « largeur de vues en matière morale ». Le moraliste débusque l’entourloupe : c’est une manière subtile de notifier l’absence de sens moral du défunt. Néanmoins, si … Continuer de lire Minima Moralia, 4

Minima Moralia, 3

Le troisième aphorisme des Minima Moralia compte parmi les plus importants pour moi. La forme du recueil d’aphorisme invite à la fois à hiérarchiser les passages qu’on préfère, la forme non systématique le permet ; pourtant, cette forme existe justement pour qu’il n’y ait pas de hiérarchie, que tous les propos soient placés sur le même plan. Le risque est de piocher tel ou tel fragment, de ne s’intéresser qu’à un thème dans l’œuvre d’un aphoriste, négliger le reste, et s’amener vers des erreurs d’interprétation : les erreurs plus dramatiques ont concerné Nietzsche, mais Adorno pourrait subir le même sort. … Continuer de lire Minima Moralia, 3

Poésie du dimanche (16) : Ivar Ch’Vavar, « Hölderlin au mirador ».

J’entre dans l’œuvre d’Ivar Ch’Vavar à petits pas, car elle est entourée d’une certaine aura : les deux auteurs par lesquels je suis entré dans la poésie contemporaine de langue française, à savoir Yves di Manno et Pierre Vinclair, ont écrit … Continuer de lire Poésie du dimanche (16) : Ivar Ch’Vavar, « Hölderlin au mirador ».

Minima Moralia, 2

Le deuxième aphorisme des Minima Moralia de Theodor W. Adorno se centre sur le thème de la famille. Cela poursuit, nuance et développe une idée du premier aphorisme : Adorno avait alors présenté un personnage conceptuel, « l’intellectuel issu d’une famille aisée », qui s’est séparé des valeurs familiales bourgeoises. Le moraliste continue de haïr ces valeurs bourgeoises, mais il place cette haine dans un cadre sans naïveté ni innocente : il montre que cette séparation a elle aussi ses racines négatives, sa réintégration dans l’ordre d’un système de contrôle mutilant. Il y a en vérité trois moments dans cet aphorisme. Tout … Continuer de lire Minima Moralia, 2