Minima Moralia, 5
Le cinquième aphorisme des Minima Moralia poursuit, en prenant un autre angle d’attaque, la déconstruction de la « bienveillance » dans la vie courante. On pourrait d’abord penser à l’adage qu’on enseigne aux enfants : ce ne sont pas ceux qui sourient le plus qui vous veulent le plus de bien ; mais c’est plus profond : sourire, insister sur les joies de l’existence, c’est déjà se détourner des violences du monde contemporain, des souffrants, des écrasés. Une interprétation rassurante est la contextualisation historique : Adorno écrit ceci en 1944. Être joyeux à ce moment-là est plutôt malvenu. Les auteurs qui écrivirent sur la beauté … Continuer de lire Minima Moralia, 5