Je ne sais pas
Le bon enseignant, comme le bon poète, ne donne pas les bonnes réponses, mais pose les bonnes questions. Continuer de lire Je ne sais pas
Le bon enseignant, comme le bon poète, ne donne pas les bonnes réponses, mais pose les bonnes questions. Continuer de lire Je ne sais pas
1. Les réflexions sur l’essence de la poésie m’enchantent. Elles se doivent toujours d’être elles-mêmes poétiques, puisque « aller vers l’essence » paraît un acte poétique par excellence. Le vertige vient sans doute de l’aspect spéculatif : on manie des concepts difficiles, on s’envole vers le ciel des Idées, ça enivre. Sans doute nage-t-on en plein délire, mais pourquoi pas ? Après tout, la poésie a bien partie liée avec l’ivresse et le délire, ces moments où le sujet passe à la marge, où autre chose se passe que la vérité, la politique, les relations humaines normalement pensées et acceptées. En même temps, on … Continuer de lire Poésie du dimanche (24) : Notes sur la lecture, la critique, l’effort intellectuel
Tout projet en suspens. Cela n’est pas grave. La fatigue en question dans le précédent article de journal a mis du temps à s’estomper, puis il a fallu travailler de nouveau. J’ai lu plusieurs livres, sans trouver le temps pour … Continuer de lire Avancées (40) : 29 octobre 2025
Les définitions de la poésie sont si nombreuses que, de même qu’il y a autant d’anarchies qu’il y a d’anarchistes (Gustav Landauer), il y a autant de poésies qu’il y a de poètes. Chacun redéfinit ses principes, ses concepts, son rythme ou sa prétention d’absence de rythme, sa poétique (même sous forme d’anti-poétique), ses apparitions rhétoriques dans le monde social pour, tout de même, se justifier devant la Cité d’écrire de la poésie (depuis Platon, cela n’a rien d’évident). Ici, on serait tenté de définir la poésie comme disparition derrière la langue. Yves Bonnefoy dirait « derrière la Parole », mais l’époque … Continuer de lire Exercices de disparition (4)
L’un de mes sujets d’oraux de philosophie, en khâgne, était : « Que nous rappelle la fatigue ? » C’est l’un des rares lors desquels j’avais eu une relative réussite. Je ne me souviens plus ce que j’avais dit, si ce n’est que mon … Continuer de lire Avancées (39) : 15 octobre 2025
On peut disparaître derrière le nombre, ou une forme qui évoque un nombre : prose de 1000 signes (Pierre Vinclair), prose de 555 signes (Dominique Quélen, -c’est Pierre qui m’indique ce nombre, pour le livre Matière, -j’ai fait erreur dans ma précédente critique), ou, ici, prose d’une page de traitement de texte tout pile, en Arial 12. Très peu d’attrait pour la police Arial, mais comme c’est une des moins moches aisément lisibles pour dyslexiques, et qu’aucune classe ne compte aucun dyslexique, je m’y suis habitué. La forme est une forme de disparition. La technique aussi, je pense ici d’abord à … Continuer de lire Exercices de disparition (2)
Ceux qui me suivent savent l’importance de l’oeuvre de László Krasznahorkai dans mes réflexions. Aussi, sa réception du Prix Nobel de littérature, ce 9 octobre 2025, a été pour moi une grande joie. Comme j’avais déjà écrit quelques articles ici sur … Continuer de lire László Krasznahorkai reçoit le Prix Nobel de littérature
Le flot de paroles est incessant. Le flot de pensées est incessant. Le flot d’images, de commentaires, d’informations est incessant. Il y a bien sûr la tentation de tout abandonner. Beaucoup le font. Ils ne le disent pas, ils le font. C’est un acte puéril que de partir en claquant la porte. « J’en ai marre, je me barre de tous ces réseaux ! » La plupart des gens ont disparu des radars sans avoir rien dit. On les a oubliés. On se les rappelle parfois, au détour d’un texte et d’une association d’idées. « Tiens, qu’est devenu ce blog ? Qu’est devenu cet internaute ? » … Continuer de lire Exercices de disparition (1)
Le soleil revient derrière la haie tiédie.Les enfants s’amusent,et reniflent. Des objetsbancals passent dans l’esprit. ** Quélen saura-t-il que je lisais ses poèmes en écoutant Chostakovitch et DJ Mehdi ? Tout cela est bancal. ** « Vendredi, midiest passé depuis longtemps.Je suis fatigué. »Ce mien haïku pourrifit rire en salle des profs. ** Bancal, insensé,effondré, irréel, vrai.Ainsi du poème.Aisé comme un mauvais rêve.Drôle comme le ri-en. ** Nul n’est identiqueau total exact de sesapparences. Etqui d’entre nous n’a pas ditquelque chose qui n’est pas sienne ?* —*Paul Valéry, Introduction à la méthode de Léonard de Vinci. Continuer de lire Vignettes (6-10)