Bribes du 29 avril

Une certaine atmosphère de printemps vert.J’explique à ma fille comment marche un moteur.Méditation sur le sonnet contemporain.Le livre d’Ursula K. Le Guin me déplaît.Des champs de colza, l’odeur forte de glycine.Mauvaise conscience d’être un consommateur.Beaucoup trop de politique de courte-vue.Heureusement il y a Anaïs qui sourit.Mes journaux recommencent à être infinis.Songe au vers projectif, au hasard objectif.Faire le vide pour ne jamais le remplir.Pas de résilience, mais de la résistance.Pas de magie, si ce n’est le flux du réel.Mes filles dessinent bateaux, arbres, licornes. Continuer de lire Bribes du 29 avril

Prémonitions amoureuses

1. Quand j’avais environ cinq ans, ma grand-mère fit un rêve dans lequel elle allait « accueillir Anaïs à Noël ». Prenant ceci pour une prémonition, elle mettait à chaque Noël une assiette en plus, « l’assiette pour Anaïs ». C’était devenu une sorte de blague, au même titre que l’expression « vent du nord », que nous répétons à chaque Noël, « vent du nord, vent du nord », en contrefaisant la voix des anciens qui eux-mêmes la répétaient d’un air pénétré, les années où le vent venait du nord le 25 décembre, annonçant le mauvais temps pour toute l’année. Quand j’ai amené Anaïs pour la première … Continuer de lire Prémonitions amoureuses

Poésie du dimanche (13) : Sandra Moussempès, « Sauvons l’ennemie »

L’éclatement de la poésie contemporaine fait à la fois sa force et conditionne à la confidentialité. On ouvre un livre de poésie d’aujourd’hui, et c’est un nouvel univers, une singularité pure. Il y a certes des thèmes qui traversent les … Continuer de lire Poésie du dimanche (13) : Sandra Moussempès, « Sauvons l’ennemie »

Minima Moralia, 1

Dans le premier aphorisme de ses Minima Moralia, Theodor W. Adorno s’intéresse à la figure de l’intellectuel issu de la bourgeoisie. Il pense évidemment à lui-même, et les derniers paragraphes de sa préface ne s’en cachent pas, mais le « je » est absent de l’aphorisme, si bien que l’expérience personnelle est ici déplacée vers la réflexion générale. Continuer de lire Minima Moralia, 1

Disparition auditive

Une expérience étrange m’arrive avec La Nuit transfigurée d’Arnold Schönberg : j’ai écouté ce morceau un grand nombre de fois, l’ai apprécié lors de chacune de ces écoutes, mais n’en retient absolument rien. Quand on repense à un morceau qu’on aime, normalement reviennent quelques mesures, au moins partielles et approximatives. Pour les morceaux préférés, on peut même se repasser toute l’œuvre dans l’esprit. Là, rien, et ce malgré le souvenir d’une appréciation très positive. Les premières écoutes remontent à mes quinze ans, au moment où je découvrais réellement la musique, et l’œuvre passait régulièrement entre un mouvement de symphonie de … Continuer de lire Disparition auditive