Le Lézard

Un dimanche soir d’hiver, ils étaient comme chaque dimanche soir d’hiver dans le restaurant chinois La Muraille du Phénix, rue Saint Jacques. Plutôt que l’habituel Poulet croustillant du chef, ils commandèrent un énorme lézard, qui arriva enrobé d’une sauce semblable à celle du canard laqué. Alors qu’ils s’apprêtaient à le découper, le lézard néanmoins s’enfuit, semant la panique parmi les convives, puis dehors dans la rue (car la porte, malgré l’hiver, était restée ouverte) où plusieurs voitures klaxonnèrent et manquèrent le carambolage. Il prit la rue Royer-Collard et se réfugia dans le Jardin du Luxembourg, qui était alors fermé au public, ce qui lui permit de s’y déplacer et d’y faire retomber son angoisse. Un parlementaire de droite, connu pour son excentricité, était présent ce soir-là au Sénat pour recevoir un pot-de-vin et, voyant l’animal à sa fenêtre, en tomba amoureux. Il le recueillit, le nourrit et lui fit un nid dans un coin caché de son bureau, où il mettait autrefois ses maîtresses. Le lézard un jour s’enfuit et sema une nouvelle fois la panique, si fort qu’on crut que l’animal était en quelque sorte piégé, et que ce pouvait être un acte terroriste. Le Sénat fut évacué et on fit venir les unités anti-terroristes, qui finirent par abattre l’animal qui faisait un somme dans le cabinet Voltaire.

[Origine de la photographie mise en exergue : https://www.trompe-l-oeil.info/graffitis/details.php?image_id=15884 ]

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