Retour à Pessoa, dont j’ai envie de faire une lecture oblique : Le Livre de l’intranquillité comme école du ralentissement. Que ce soit au cœur de l’hiver ou de la canicule, c’est un livre pour les périodes pénibles, pour supporter celles-ci, tantôt par la méditation, tantôt par la fragmentation poétique, tantôt par l’analyse froide du quotidien. Le risque, avec cet ouvrage, c’est un désespoir trop grand, en sortant de ses pages : les héros de l’inertie sont bien souvent des héros de la dépression. Il nous faut travailler à une inertie joyeuse.
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Vacances.
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Peu importe quel angle on choisit pour lire l’œuvre de Pessoa, on passe à côté d’elle. Pessoa récuse les angles, part dans tous les sens, fuit de partout. Prose poétique, méditation, dépression, Lisbonne, banalité, réseau d’antithèses, réseau de contradictions : même en multipliant les angles à l’infini, on n’atteindra jamais un ensemble. Gouffre des œuvres fragmentaires : pas d’ensemble, pas de plan, seulement une somme de miroirs brisés, qui renvoient des images éparses.
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Nitescence du début d’orage.
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Pot de fin d’année. Les collègues m’offrent trois bandes dessinées. Un beau bracelet pour Anaïs. Quelques larmes. Je ne fais pas de discours, juste trois bribes. Une collègue rigole : c’est bien la première fois que tu ne parles pas beaucoup. Je dis aux collègues : « Vous allez enfin pouvoir en placer une en salle des profs, vous allez redécouvrir ce que ça fait de pouvoir parler. » Comme ça, on se quitte dans un éclat de rire. Tout le monde très gentil. Mon collègue de musique m’affirme que le meilleur quatuor de Beethoven est le 14e. Nous nous étions mis d’accord sur Bartok n°2 et sur Schubert n°14, il faut que je retourne écouter tous les quatuors de Beethoven pour déterminer si nous sommes d’accord là aussi.
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Recherche de logement près de notre nouvelle mutation. Très contents de nos affectations. Nous le racontons aux collègues, Anaïs qui a eu son premier vœu, moi mon premier vœu de secours, alors qu’on attendait une situation difficile. « Vous avez braqué le mouvement », me dit un collègue. Le gars du syndicat, au téléphone, me demande si nous sommes satisfaits de nos résultats de mutation, et a un silence d’incompréhension quand je réponds : oui. De la chance, cela arrive.
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3 juillet, me reviennent les velléités délirantes et infaisables pour l’été. Apprendre l’italien, terminer les Rougon-Macquart, réorganiser mon cerveau pour enfin me discipliner et me permettre de terminer un livre, au moins un, juste pour me dire que j’y suis arrivé, que ce n’était pas hors de ma portée. Mais avant il y a un logement à trouver, des cartons à remplir, un déménagement, des cartons à vider, les habituelles tracasseries administratives.
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En sept ans dans l’Éducation nationale, mes surnoms auront été, jusque-là : El Professor (cf. La Casa de Papel), Nekfeu (il paraît que je ressemble à ce mème où Nekfeu tient un stylo et prend un air inspiré), Shikamaru (cf. Naruto), Monsieur le GOAT, Monsieur Chèvre (quand ils ont découvert que « goat » signifiait aussi « chèvre »), Coach. Mon beau-père, quant à lui, me surnomme « l’agent Dale Cooper », parce qu’il trouve que je ressemble, pour le physique comme pour le caractère, au personnage principal de Twin Peaks. Depuis que je lui ai expliqué le concept de TZR (Titulaire sur Zone de Remplacement), il me surnomme aussi « le pigeon voyageur ».
Bon courage à vous deux…Quatre.
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Merci Barbara. Bonnes vacances à toi.
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C’est quoi le titre des bd?
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« Frankenstein » par David Sala, et les deux tomes de « 1629 ou l’effrayante histoire des naufragés de Jakarta », par Xavier Dorison et Timothée Montaigne.
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