Recevant les identifiants et mots de passe pour Webmail, Atrium, Estérel, le réseau du lycée, la photocopieuse, Pronote, le Portail Familles du mercredi, le Portail Familles du soir, le Portail Familles de la cantine, je repense à mon collègue de philosophie qui disait : « le cœur du métier d’enseignant aujourd’hui, c’est de rentrer des identifiants et des mots de passe ».
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Pris les Entretiens de Cioran à la médiathèque. Grand plaisir à lire ces textes : Cioran y revient sur sa formation intellectuelle, son mode d’écriture, la distance entre l’ombre du contenu de ses livres et le côté guilleret qu’il a parfois, dans son style comme dans sa vie courante. Il revient sans se payer de mot sur l’engagement fasciste de sa jeunesse et son regret qui y est lié (même s’il date son abandon de cet engagement quelques années plus tôt que son abandon réel, ce qui lui a bien sûr été reproché ; mais il reste d’un peu moins mauvaise foi que nombre d’autres). Sa réflexion sur l’utopie comme moteur de l’histoire est digne d’intérêt, et d’autres choses encore.
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Sur la table de travail : pour le lycée, La Boétie, Rimbaud, Musset, Zola ; pour le travail poétique, Sandra Moussempès, Forough Farrokhzâd, Jean-Christophe Bailly.
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Chaleur, de nouveau.
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Les spécialistes considèrent que l’affirmation de Montaigne, voulant que La Boétie ait écrit le Discours de la servitude volontaire à 16 ans, est plus que probablement fausse et qu’il a dû l’écrire, ou du moins en terminer l’essentiel, au début de sa vingtaine. Difficile néanmoins de résister au mythe face aux élèves de Premières et à l’envie de plus ou moins leur dire : C’est une longue dissertation produite par un très bon élève qui avait alors votre âge. (La Boétie et Montaigne insistent en effet sur l’aspect « écrit de jeunesse », et l’affirmation de l’écriture à 16 ans est sans doute une manière de s’excuser pour les grosses coutures et facilités dans l’argumentation, -ce qui n’empêche pas le livre d’être plus que digne d’être lu.)
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Pas de cantine, pas d’emploi du temps définitif, pas de bus pour les élèves qui habitent dans les hauteurs.
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Fatigues et joies.
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L’assurance scolaire, le récépissé de règlement intérieur, le formulaire de droit à l’image, la carte d’entrée, les nouvelles règles concernant le téléphone portable, désormais interdit mais toujours obligatoire pour le suivi de la scolarité.
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Avancer dans sa liste de choses à faire.
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Dans un rêve, je me rendais chez Luc Besson pour un travail. Une amie m’appelait pour me dire que ce n’était pas possible, avec « toutes ses affaires », que « j’allais me griller ». J’y allais quand même. Il vivait dans un immense hôtel parisien, qui ressemblait un peu à l’immeuble dans Rosemary’s Baby de Polanski. Les locataires étaient visiblement toutes des stars de cinéma : pour la plupart, je reconnaissais leurs têtes mais n’arrivais pas à mettre un nom dessus. Dans l’ascenseur, je me retrouvais avec Takeshi Kitano. J’entrai chez Luc Besson. Il me dit immédiatement qu’avec « toutes ses affaires », il ne trouvait plus de gens pour faire des films avec lui, et que, faute d’argent, il avait dû se reconvertir et était devenu terrassier. Je me retrouvai donc avec lui dans une camionnette d’artisan, et nous allions dans la banlieue lointaine pour creuser des tranchées près d’une ferme.