Dans tous les sens (2)

Deleuze nous apprend qu’on peut lire la philosophie comme un roman, dont les personnages seraient les concepts. J’ai toujours lu ainsi la philosophie, avant même de lire Deleuze, et c’est pourquoi j’ai été scolairement très mauvais en philosophie. Cette idée récente d’une philosophie comme roman (Deleuze), ou d’une philosophie comme poésie (Nietzsche), m’a infusé dans le mauvais sens : je n’écrivais ni roman ni poésie, seulement un gloubi-boulga où des concepts mal saisis s’étalaient partout. Les avant-gardes avaient fait exploser les genres et les rythmes ; je n’avais plus rien à faire exploser ; j’étais explosé, sans talent, seulement par … Continuer de lire Dans tous les sens (2)

Dans tous les sens (1)

Il faudrait partir dans tous les sens.Avez-vous déjà vu une carte avec les peregrinations d’Ulysse? Elles n’ont pas de sens.Balloté par les dieux, le destin, « la vie », comme on dit maintenant.Être méthodique ne lui aurait servi à rien.Néanmoins, sur Ithaque, la méthode revient: Ulysse s’applique, pour massacrer les prétendants.L’essence de la méthode est le massacre. Continuer de lire Dans tous les sens (1)

Catulle, 2

Heureux passereau, heur de mon amour,Elle joue avec toi, te tient en main,Elle te donne le bout de son doigt ;Quand cette beauté, objet de mes désirs,Se livre à ce consolant badinage,Qui a pour elle je ne sais quel charme,Elle apaise quelque peu, j’imagine,Les tourments de notre passion brûlante ;Puissé-je ainsi m’amuser avec toiEt alléger les soucis de mon coeur. ** Pour le faire entrer dans un dizain carré (non rimé), j’ai quelque peu tordu ce poème, le deuxième des éditions de Catulle. J’ai suivi l’édition des Belles Lettres, collection Guillaume Budé, m’aidant de la vieille traduction de Georges Lafaye, … Continuer de lire Catulle, 2

Une balade

Une de mes activités favorites est la balade en zone artisanale. Je ne le fais jamais de moi-même, seulement à l’occasion. « Occasion » signifie : quand la voiture est au garage ou en contrôle technique. Comme j’ai beaucoup déménagé, j’ai vu des zones dans divers « territoires », ainsi que le langage administratif les appelle désormais. La plus mémorable fut sans doute celle de Combs-la-Ville, après qu’une Clio déglinguée m’eut laché sur le périphérique parisien. Mémorable parce qu’interminable jusqu’à l’absurde, et parce que je faisais un périple à pied après un périple en RER pour m’y rendre, dans un état de tension pénible … Continuer de lire Une balade