Brimborions, 23 décembre 2025

Le culte de l’efficacité, dans notre troisième âge du capitalisme, nous invite non seulement à réussir nos jours, nos semaines, nos mois, nos années, à accomplir des réalisations professionnelles, mais aussi à réussir nos vacances. Il faut être efficace au travail, mais aussi efficace dans ses loisirs. Jolies photos de paysages ; remarques sur des choses vues ; restaurants, livres, films. On ne sait plus ce qu’on fait pour soi et ce qu’on fait pour pouvoir dire aux autres : « je l’ai fait ». ** Un vieux projet : bâtir un « top 100 des meilleurs quatuors à cordes ». Projet absurde et risible, mais qu’est-ce qui … Continuer de lire Brimborions, 23 décembre 2025

Rêvez plus haut

L’intéressant, c’est ce qui résiste à la théorie. Mais, pour trouver ce qui résiste à la théorie, encore faut-il en avoir une. Sans théorie, rien n’est intéressant. ** Si je devais écrire un traité sur L’Art de ne pas lire, je consacrerais tout un passage sur les « nietzschéens de gauche » et leur capacité à ne pas lire la neuvième partie de Par-delà bien et mal. ** Quand je vois l’amertume généralisée, je ne peux m’empêcher de penser : le pire, c’est qu’on considérera peut-être notre période comme un âge d’or. ** En poésie, on n’atteint pas toujours la beauté (peut-être … Continuer de lire Rêvez plus haut

Pour un repos

L’habitude de devoir être efficace s’étend partout : efficace au travail, efficace dans ses loisirs. Les réseaux sociaux nous invitent à mettre en scène notre efficacité de vacanciers : je suis allé là, j’ai goûté telle spécialité locale, regardez ce beau panorama que j’ai réussi à prendre. Cela n’est pas une critique surplombante : l’été, je me dis qu’il faut que je « rattrape mon retard » : en lectures, en écoutes musicales, en films, en écriture. Même quand je veux me reposer, une sorte de mauvaise conscience s’établit : tu pourrais faire du travail intellectuel au lieu de rêvasser. Ceci provient … Continuer de lire Pour un repos

Sous la chaleur

Lever 5 h 30. J’ouvre la fenêtre et me dit qu’il fait enfin frais. Le lever de soleil est beau. Il faudrait, ces temps-ci, se lever à 5 h pour profiter, et se recoucher vers 11 h. Voire vivre la nuit ; nous y viendrons. Le matin dans la voiture, Trent Reznor chante : « I drag you down, I use you up / Mr Self Destruct ». Pendant les pauses, j’avance dans le deuxième tome de Guerre et Paix. La guerre est revenue. Nicolas Rostov cesse de se demander qui il doit épouser, et se jette dans la mêlée. On lui … Continuer de lire Sous la chaleur