Fragments, 12 juin 2026

Dans le livre de Laura Vazquez, Vous êtes dans moins en moins réels, moins d’attrait pour les derniers poèmes, quand les anaphores se multiplient et qu’un train-train easy poetry s’installe.

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Les gens bruyants dans les bibliothèques, les gens bruyants dans les églises.

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Les jeunes sont de moins en moins attentifs, certes ; mais les vieux, c’est pire.

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Il n’y a pas de poésie, il n’y a que des preuves de poésie.

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Martha Argerich, Maria João Pires, Yuja Wang.

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De temps en temps, je me dis qu’il faut sortir un peu de la niche, aller voir des livres qui font un peu plus de 500 ventes, m’informer de ce qu’on appelle « littérature » dans le monde médiatique. Cela m’amène parfois de bonnes surprises. Par exemple, si on prend l’histoire des Prix Goncourt, le niveau de certains Goncourt récents est étonnamment élevé : Hervé Le Tellier, Mohamed Mbougar Sarr et Laurent Mauvignier, cela fait trois bons prix sur une période rapprochée, -probablement du jamais vu. Parfois, cependant, c’est cruel : je lâche La Décision de Karine Tuil au bout d’une cinquantaine de pages, écrasé non pas tant par l’absence totale de style (c’est monnaie courante), mais par les effroyables clichés et banalités assénées presque toutes les dix lignes, de manière d’autant plus scandaleuse que le livre porte sur la justice antiterroriste.

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Bergeronnettes blanches sur le toit d’en face.

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Tout le monde à bout de nerfs, enrhumé et se demandant ce qu’il fait encore là. Je finis par dire aux 3e : si c’est pour travailleur aussi peu, je peux aussi bien vous montrer les deux parties de Dune durant les cinq dernières heures de cours. Après un silence, ils disent que, quand même, ce serait pas mal de réviser le Brevet.

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Dans un poème publié hier, je n’explique pas ce que sont les lunch poems de Frank O’Hara, cela rend probablement le texte abscons pour le commun des lecteurs, mais après tout chacun peut chercher en ligne ou me demander, comme certains l’ont fait en message privé, -l’important, c’est que le poème eût été moins bon avec un passage pédagogique.

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Le phénomène décrit dans le poème n’a pas manqué : Anaïs me dit que c’est un bon texte, je ris et lui dis que c’est parce que je l’ai écrit en moins de cinq minutes.

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