Peu écrit durant la semaine dernière, du fait de la triple contrainte : canicule, correction des écrits du bac, recherche de logement pour l’année prochaine.
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La canicule me ralentit. Sans doute est-ce ainsi pour tous. Le chef du Medef regrette d’ailleurs qu’à cause de la canicule, « l’économie soit au ralenti ». Ce n’est pas faute d’avoir alerté depuis vingt ans : on a pris du retard sur l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique, donc on va perdre des milliards, et de plus en plus de milliards si on ne s’adapte très vite. Cela demande de penser un peu plus loin que le prochain conseil d’administration et les prochaines réunions d’actionnaires ; c’est visiblement compliqué pour beaucoup.
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Je n’ai pas beaucoup écrit car, si j’avais dû écrire, je n’aurais pas voulu écrire sur autre chose que cet épisode caniculaire. Les événements mondiaux m’ont toujours arrêté. Parler de tel ou tel divertissement au cœur de la catastrophe me paraît indécent. (Je ne force évidemment personne à se taire à ces périodes, -même s’il me semble que le monde irait mieux si chacun s’arrêtait pour réfléchir après les drames.)
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De réchauffement climatique, j’ai déjà beaucoup parlé. Les solutions, on les connait : moins d’avion, moins de viande rouge, moins de voiture thermique. Quand on résume ainsi, les commentaires abondent en nuances. Évidemment que cela ne se réduit pas à cela ; mais, si on réduisait à cela (moins 30% d’avions, de viande rouge et de voitures thermiques), on atténuerait largement le réchauffement climatique. J’aime m’amuser avec les chiffres, aussi ai-je calculé : si on met tous les avions à terre jusqu’à nouvel ordre, on s’assure presque la fin du réchauffement climatique. (Tous les autres indicateurs restant égaux par ailleurs.) Quatre ans sans avions, ou dix ans sans avions, ou même un avenir sans avions, est-ce un si gros sacrifice, à l’échelle de l’humanité ? 30% en moins d’avions, de viande rouge et de voiture thermique, est-ce vraiment si difficile ? Il suffit que chacun en soit convaincu pour l’imposer.
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La première fois que j’ai entendu parler du réchauffement climatique, c’était en 6e, en cours de technologie. 2007, il y a bientôt vingt ans. Je me souviens d’une certaine angoisse, mais aussi de m’être dit qu’il y avait le temps. 2007, les grandes échéances étaient prévues pour dans vingt ans ; on avait donc vingt ans pour faire une transition, c’était large. De toute façon, les prix du pétrole allaient augmenter avec sa raréfaction, donc on en consommerait moins. Je me rassurais avec ce genre d’arguments. On parlait à l’époque beaucoup du trou de la couche d’ozone, qui fut réglé par l’interdiction mondiale des aérosols qui le créaient. Je me suis dit qu’on interdirait l’avion et la viande rouge pour un temps, comme on l’a fait pour ces aérosols, et que ce serait fini. Jamais je n’aurais pu imaginer à quel point les actionnaires, milliardaires et autres grands patrons organiseraient le déni pour continuer à s’en mettre plein les poches jusqu’à l’apocalypse. L’apocalypse, c’est maintenant.
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Passé ma soirée d’hier à écrire sur l’histoire de la première Académie française, de 1634 à la fin du XVIIe siècle. Réfléchir sur l’histoire de la langue française et sur son devenir me détend.
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« Agis dans ton lieu, pense avec le monde. »
Édouard Glissant
« Agis dans ton lieu, pense avec le monde. » Votre exergue de fin est bien choisi ! Bien sûr pour lui-même, qui n’est plus à vanter, mais parce que c’est ce que vous faites. Et, le plus souvent, beaucoup de lecteurs l’apprécient : c’est une chance d’avoir des échos (des fragments d’échos), de ce que font et pensent les enseignants en dehors de transmettre les programmes à nos chers enfants, la société doit se parler davantage, mettre ses enseignants plus au cœur de son débat. Sur votre épisode « m’amuser avec les chiffres » j’ajouterai : le déni, et même seulement la réticence à voir l’énormité du mur devant nous est le fait de chacun : personne ne veut quitter ses rêves, pourtant on peut en changer plus facilement qu’on croit, presque comme on change (de marque !) de chemise.
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Merci René pour cet aimable commentaire. Je pense en effet que les espaces de transmissions d’idées et de réflexions sont à créer ou à consolider, particulièrement hors-ligne. La qualité de la communication a beaucoup baissé, du moins dans ma génération, ou la solitude et le silence gêné sont omniprésents. Sur les questions de réchauffement climatique, hors période comme l’actuelle, où l’on voit d’anciens chantres du déni faire comme s’ils étaient des écologistes de la première heure, nous faisons néanmoins face à un discours organisé et massivement financé pour empêcher les mesures de bien commun. Il y a un travail politique à mener, pénible mais nécessaire.
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