Fragments, 29 juin 2026

Peu écrit durant la semaine dernière, du fait de la triple contrainte : canicule, correction des écrits du bac, recherche de logement pour l’année prochaine. ** La canicule me ralentit. Sans doute est-ce ainsi pour tous. Le chef du Medef regrette d’ailleurs qu’à cause de la canicule, « l’économie soit au ralenti ». Ce n’est pas faute d’avoir alerté depuis vingt ans : on a pris du retard sur l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique, donc on va perdre des milliards, et de plus en plus de milliards si on ne s’adapte très vite. Cela demande de penser un peu plus loin … Continuer de lire Fragments, 29 juin 2026

Fragments, 4 mai 2026

Dans mes cahiers, des passages tristes, puis un retour à la naïveté. Je n’ai pas atteint la distance des objectivistes que j’apprécie. Je suis resté un énième romantique oscillant entre enthousiasme et mélancolie. ** Des abîmes. ** La rhétorique de Trump est en vérité toute classique : c’est la rhétorique obscurantiste. Il se contredit sur la guerre en Iran ? Pas plus qu’Henri III durant la guerre civile du XVIe siècle. ** Lire les mémorialistes affranchit entièrement de l’idée que quoi que ce soit, en matière politique, ait pu être « mieux avant ». Cela fait aussi comprendre pourquoi les philosophes se … Continuer de lire Fragments, 4 mai 2026

Fragments, 4 février 2026

Lentes approches des vacances, lentes fatigues qui s’approfondissent, longue échelle de moments agréables mêlés aux tracas habituels du tripalium. Pour le travail sur les nouvelles fantastiques, relecture de plusieurs textes d’E.T.A Hoffmann. Les Allemands fêtent les 250 ans de sa naissance ; en France, rien. Tout le romantisme allemand demeure pour l’essentiel en jachère, et c’est sans aller vers des auteurs décisifs comme Ludwig Tieck, Clemens Brentano, Bettina von Arnim ou Achim von Arnim (seul ce dernier ayant eu un semblant de retentissement durable dans l’histoire littéraire, grâce aux nombreuses mentions qu’en fit André Breton). Autrefois, mon vocabulaire allait naturellement … Continuer de lire Fragments, 4 février 2026

Exercices de disparition (1)

Le flot de paroles est incessant. Le flot de pensées est incessant. Le flot d’images, de commentaires, d’informations est incessant. Il y a bien sûr la tentation de tout abandonner. Beaucoup le font. Ils ne le disent pas, ils le font. C’est un acte puéril que de partir en claquant la porte. « J’en ai marre, je me barre de tous ces réseaux ! » La plupart des gens ont disparu des radars sans avoir rien dit. On les a oubliés. On se les rappelle parfois, au détour d’un texte et d’une association d’idées. « Tiens, qu’est devenu ce blog ? Qu’est devenu cet internaute ? » … Continuer de lire Exercices de disparition (1)

Minima Moralia, 9

Le neuvième aphorisme des Minima Moralia est consacré au thème du mensonge. Quand on arrive sur un tel objet philosophique, on pense rapidement à deux grandes thèses opposées : celle de Kant (condamnation totale du mensonge) et celle de Nietzsche (sur l’utilité du mensonge « pour ne pas périr de la vérité »). Adorno n’évoque aucune de ces deux positions. Il se situe dans un autre domaine, évoqué très vite dès le début de l’aphorisme : celui d’une société de « fausseté généralisée ». L’auteur nous situe d’emblée dans l’ère de la post-vérité (là encore, son avance est exceptionnelle ; – nous sommes en 1944) : pas seulement … Continuer de lire Minima Moralia, 9