Reflets corses

Netteté du paysage, netteté du vert après la pluie, clarté proverbiale du ciel, mais dansles paroles une syntaxe incertaine, il estquestion d’impôts et de terrains. Un vent frais s’étend dans le golfe, entre bateaux etmégots. On ne peut rien faire, le rien s’estemparé de tout. Juste regarder le Capu Tondu, sa crête ocre, le faucon qui passe. Les enfants jouent sous l’orme, celui où « les Anciennes venaient discuter », je lis un Agatha Christie, puis un autre, et un autre.À la télé Donald Trump menace Poutine,et c’est les 300 ans de Pasquale Paoli. Ladensité du monde se perpétue, obscure. Continuer de lire Reflets corses

Minima Moralia, 7

Le septième aphorisme des Minima Moralia d’Adorno est plus court que les précédents. On peut y distinguer trois propos d’inégale longueur. L’amorce du paragraphe concerne l’atmosphère pénible du monde intellectuel. Ensuite, le cœur du texte vise à critiquer une idée fausse, venue de cette atmosphère pénible, qui fait que les intellectuels ont tendance à croire que les gens du peuple valent mieux qu’eux. La toute fin contient une pointe envers Aldous Huxley, et plus généralement les penseurs tentés par les mystiques indiennes. L’atmosphère intellectuelle est présupposée comme pénible. Les données du temps d’Adorno sont certes différentes des nôtres (il faudrait … Continuer de lire Minima Moralia, 7

Poésie du dimanche (20) : Philippe Beck, « Abstraite et Plaisantine ».

La poésie est l’art de poser des énigmes jamais résolues. Deux types d’énigmes : l’énigme du monde, toujours renouvelée, et dans le monde les personnes, les objets, les événements ; l’énigme du langage, des mots posés sur le monde et qui le … Continuer de lire Poésie du dimanche (20) : Philippe Beck, « Abstraite et Plaisantine ».

Pour un repos

L’habitude de devoir être efficace s’étend partout : efficace au travail, efficace dans ses loisirs. Les réseaux sociaux nous invitent à mettre en scène notre efficacité de vacanciers : je suis allé là, j’ai goûté telle spécialité locale, regardez ce beau panorama que j’ai réussi à prendre. Cela n’est pas une critique surplombante : l’été, je me dis qu’il faut que je « rattrape mon retard » : en lectures, en écoutes musicales, en films, en écriture. Même quand je veux me reposer, une sorte de mauvaise conscience s’établit : tu pourrais faire du travail intellectuel au lieu de rêvasser. Ceci provient … Continuer de lire Pour un repos

Sous la chaleur

Lever 5 h 30. J’ouvre la fenêtre et me dit qu’il fait enfin frais. Le lever de soleil est beau. Il faudrait, ces temps-ci, se lever à 5 h pour profiter, et se recoucher vers 11 h. Voire vivre la nuit ; nous y viendrons. Le matin dans la voiture, Trent Reznor chante : « I drag you down, I use you up / Mr Self Destruct ». Pendant les pauses, j’avance dans le deuxième tome de Guerre et Paix. La guerre est revenue. Nicolas Rostov cesse de se demander qui il doit épouser, et se jette dans la mêlée. On lui … Continuer de lire Sous la chaleur

Poésie du dimanche (19) : Hervé Micolet, « Les Cavales, I ».

Je voulais commencer ce cycle depuis déjà un bon moment. J’achète le premier tome après que le deuxième est déjà publié, aussi dois-je moi aussi cavaler pour rattraper mon retard. Deux éléments majeurs m’amènent à cette lecture : bien sûr l’ambition … Continuer de lire Poésie du dimanche (19) : Hervé Micolet, « Les Cavales, I ».