Recherches poétiques, 5

Ceux qui me lisent auront compris que cette série hebdomadaire se veut fragmentaire, éparse, donnant à penser avec des manières, des styles et des idées toujours divers ; la clef en est une radicale variation, le besoin de toujours renouveler. J’aimerais néanmoins, toutes les cinq livraisons, ménager un temps de « bilan et perspectives », -ramasser les idées, les styles, non pas dans une unité, mais dans un mouvement qui s’assoit sur les précédents pour se redynamiser.

            Il y a, tout d’abord, la matérialité du site. J’aimerais faire de nécessité vertu en affirmant que je cherche l’épuration, que tout doit faire signe vers le signe, mais, à vrai dire, les esprits taquins auront compris que ma maîtrise de l’outil numérique demeure faible : je serais bien en peine de mettre un beau fond derrière le texte, d’assembler des photographies de manière stylisée, et je ne parviens même pas, même en ayant trouvé le bouton correspondant, à mettre mes textes en justifié, ce qui, croyez-le bien, m’est une plaie mortifère. J’ai le mince espoir d’avancer comme ces youtubeurs dont les premières vidéos sont de facture risible, mais qui améliorent ensuite leur médium. Cependant, mon fond de romantisme continuant à irriguer tous mes pores, il est probable que je me complaise dans une vénération du contenu plutôt que du contenant, dénigrant l’expression postmoderne voulant que le médium soit le message.

            Plaie beaucoup plus grave et qui affecte le contenu : wordpress permet très mal les écarts de typographie, ramenant drastiquement et absurdement tout au début de la ligne ; or, quand je m’essaie quelque peu à la poésie, ou, disons, quand mon besoin de fragmentation devient trop grand que la prose ne suffit plus, je mets souvent des écarts sur la page, dont je pense chacun comme significatif. Ainsi, dans le premier de ces textes, le poème final ne correspond pas exactement, sur la page, à ce que j’avais initialement produit.

            Venons-en donc au contenu, qui se présente comme une « recherche », visant, probablement, à trouver des poèmes, à défaut de trouver la poésie. En vérité je n’en sais rien, je voulais juste produire quelques textes, être quelque peu lu, voire avoir quelques commentaires m’indiquant si telle phrase plaît, si telle idée est sans valeur, etc. (Mais de commentaire ou de mention j’aime, aucune pour l’instant.) Je n’ai pas fait de publicité pour ce site sur mes autres réseaux, car j’attendais d’avoir des articles d’Anaïs pour « lancer » réellement le projet ; mais elle travaille énormément en ce moment. (Elle écrit et pense bien mieux que moi, vous verrez.) Je me console avec la phrase de Pierre Reverdy affirmant qu’on avance plus vite quand on est environné d’indifférence.

            Vous aurez compris que je n’ai toujours pas parlé du contenu.

J’aimerais, en effet, en premier lieu poser clairement des problèmes :

1° La question de savoir si l’on ne peut bien parler de la poésie que par la poésie (cf. RP 1 : https://anathnosfe.fr/2022/08/28/recherches-poetiques-1/).

2° L’analyse du rythme (cf. RP 2 : https://anathnosfe.fr/2022/09/04/recherches-poetiques-2/)

3° Le rapport au banal, à la vie quotidienne (cf. RP 3 : https://anathnosfe.fr/2022/09/11/recherches-poetiques-3/)

4° Le statut du fragment (cf. RP 4 : https://anathnosfe.fr/2022/09/18/53/

5° La distinction entre « poètes du langage » et « néo-lyriques » (cf. Notules 1 https://anathnosfe.fr/2022/09/23/notules-1/)

6° Le statut de l’humour en poésie (passim).

            Voilà donc l’état des questions au bout de cinq semaines. En attendant, éventuellement, des réponses, ou, plus probablement, d’autres questions.

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